Dans les Vosges, la lutte obligatoire contre le chardon des champs s’appliquait sur tous les terrains, privés comme publics mais depuis 2007 elle n’existe plus. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus aucune réglementation. Que faire en cas d’invasion ?
Une plante difficile
Le chardon des champs (Circium arvense) est considéré comme l’une des adventices les plus problématiques à maîtriser entraînant notamment des pertes de rendement dans les parcelles cultivées (en grandes cultures, 3 pieds/m² peuvent entrainer une baisse de rendement de 15 %) et les pâtures.
Cette plante possède une extraordinaire résistance et une grande capacité d’expansion qui rendent difficile sa maîtrise au sein des parcelles, parcs, jardins ou abords des routes… La multiplication du chardon des champs est amplifiée par certaines activités humaines (dépôts de remblais, désherbage par secouage, passage de véhicules…).
Le chardon peut se développer :
- par dissémination de son stock de graines,
- par la multiplication (un fragment de rhizome de 3 mm peut donner une nouvelle plante) et le développement de ses parties souterraines (progression latérale jusqu’à 2 mètres / an).
Quelle réglementation ?
Par arrêté ministériel du 31 juillet 2000, le chardon des champs est classé « organisme nuisible ». Ceci signifie que leur lutte n’est pas obligatoire sur tout le territoire et de façon permanente.
Dans les Vosges, l’arrêté qui existait de lutte obligatoire a été abrogé en 2007. Ainsi, sur le territoire vosgien aucun arrêté départemental de lutte n’existe. Dans l’intérêt de tous, il est nécessaire que les propriétaires, exploitants agricoles et autres gestionnaires fonciers, publics et privés assurent une bonne gestion des espaces, qu’ils soient cultivés ou non.
En effet, cette lutte peut devenir réglementée par application :
- soit du Code Rural : toute commune pour laquelle les conditions suivantes (s’assurer qu’il s’agit bien de Cirsium arvense, qu’il y a mise en évidence d’une propagation et qu’elle présente un danger avéré pour les productions végétales agricoles dans la zone de propagation) sont réunies peut solliciter le SRAL / DRAAF afin que des mesures de lutte obligatoire soient prises. Après étude et acceptation du dossier, les dispositions de lutte sont fixées par arrêté préfectoral.
- soit du Code général des collectivités territoriales au titre de la police municipale. Le maire peut rendre obligatoire la lutte contre le chardon sur sa commune par arrêté municipal sous des conditions très précises : pour des motifs non agricoles, des problèmes d’esthétisme ou de dégradation d’éléments du paysage ; sur une période limitée ; dans un périmètre circonscrit.
Si les propriétaires ne se soumettent pas à cette règlementation, le maire peut dresser un procès-verbal et ordonner la destruction des chardons. Si le propriétaire n'a toujours rien fait, la commune peut procéder à cette destruction aux frais des propriétaires des parcelles concernées. En cas de carence du maire, le préfet peut se substituer à lui après une mise en demeure restée sans effet.
Conciliation amiable à privilégier
Avant d’entamer ces deux procédures un peu complexes ou d’enclencher toute action juridique, il y a lieu d’explorer toutes les voies de conciliation amiable avec les propriétaires incriminés afin qu’ils mettent en œuvre des mesures de lutte individuelle.
Modalités de lutte : quelques conseils
- L’intervention doit nécessairement avoir lieu avant la formation des graines.
- Il est conseillé d’intervenir sur les cultures / pâtures dès le 1er pied observé pour contrer toute dissémination
- La destruction mécanique ou thermique sera privilégiée notamment à proximité des cours d’eau
- La période conseillée d’intervention se situe en mai-juin avant floraison par fauche ou broyage et une deuxième fois durant la seconde moitié du mois d´août voire au début du mois de septembre afin d’épuiser le système racinaire.
- En cas de traitement phytosanitaire (pensez à consulter la liste des produits homologués utilisables par usage sur le site du ministère de l'agriculture) le stade cible à privilégier au printemps va de « jeune plantule de 2 à 4 feuilles » à « chardon de 10 cm de hauteur ». Toutes les précautions devront être prises pour éviter l’entraînement de produit phytosanitaire hors des zones traitées. Toutes les prescriptions de l’AMM de l’herbicide utilisé devront être respectées (usage sur la culture, ZNT…)
- Les interventions en septembre, lorsque la sève est descendante, agiront sur la destruction du système racinaire. L’application ne doit pas non plus être trop tardive à l’automne car le chardon entre en vie ralentie, et l’efficacité du traitement sera réduite.




