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L’UE engrange des récoltes de blés et d’orges supérieures à 2024

© Photo archives Mélanie Becker
© Photo archives Mélanie Becker

FranceAgriMer a rendu public les premiers bilans prévisionnels des campagnes 2025-2026 des productions de blés et d'orges en Union européenne et en France. Les récoltes de céréales à paille sont supérieures à l’an passé sans être pour autant spectaculaires. La hausse des rendements compense à peine la faiblesse des cours.

Cette campagne-ci, l’Union européenne (UE) a les moyens de regagner une partie des parts de marché perdues l’an passé en Afrique et au Moyen Orient. En produisant 282 millions de tonnes (Mt) de céréales, elle pourra en exporter 45 Mt soit quasiment autant que l’Ukraine. Mais les Etats-Unis restent les leaders incontestés de l’export (89 Mt) en ayant les moyens d’expédier jusqu’à 64 Mt de maïs. Selon le premier bilan prévisionnel de campagne 2025-2026, présenté par FranceAgriMer, avec l’appui du Comité de gestion des cultures arables, la production de blé en UE est estimée à 128 Mt (+14 % sur un an ou + 26 Mt), celle d’orges à 53 Mt (+4 Mt ou + 8 %) et celle de blé dur à 8 Mt (+0,8 Mt ou +10 %). En consommant 260 Mt de grains, l’UE sera en mesure d’exporter près de 30 Mt de blé tendre, 0,9 Mt de blé dur et 10 Mt d’orges. Mais elle en importera 25 Mt dont notamment près de 20 Mt de maïs. 

Premiers bilans hexagonaux

En France, les premiers bilans prévisionnels pour la campagne 2025-2026 ont été établis par le service de la statistique et des prévisions du ministère de l’Agriculture avec le concours d’experts. Ils ne revêtent rien d’extraordinaire. La production française de blé est estimée à 32,5 Mt. Elle est supérieure de 27 % à celle de l’été dernier car le rendement moyen (72,7 quintaux par hectare - q/ha) a augmenté de 19 % et la surface emblavée (4,49 millions d’hectares – Mha) de 7 %. Pour le blé dur, la production nationale (1,27 Mt) progresserait de 3,5 % par rapport à 2024. Les rendements sont nettement supérieurs (57,2 q/ha ; +11,8 %) mais la surface cultivée (222 000 ha) s’est repliée de 7,4 %. Enfin, 11,8 Mt d’orges seraient engrangées (+19 %). Cette production s’appuie sur des rendements moyens de 65,9 q/ha (+20 % sur un an) et sur une surface cultivée (1,79 Mha) en  repli de 1 %. 

Ventilation des capacités d’exportations 

A l’export, la France serait en mesure d’expédier 14,7 Mt de blé tendre (6,7 Mt en UE et 7,5 Mt vers des pays tiers), 0,76 Mt de blé dur dont près de 600 000 t en UE et 7,8 Mt d’orges (2,7 Mt en UE et 2,7 Mt vers des pays tiers) auxquelles il faut ajouter 1,4 Mt de malt. Ces chiffres sont susceptibles d’évoluer au gré des opportunités conjoncturelles et de l’actualité géopolitique. En attendant, les agriculteurs se voient proposer des prix d’acompte bien plus faibles que l’année dernière. A leurs niveaux actuels, les cours des céréales représentent un manque à gagner conséquent que la hausse des rendements compense à peine. Produire du blé coûte bien plus cher qu’il y a cinq ans. Les prix des engrais azotés et phosphatés sont deux fois plus élevés (respectivement autour de 330 € et 620 € la tonne – source FranceAgriMer) qu’avant la guerre en Ukraine et ceux des engrais potassique moitié plus chers (360 € la tonne). Mais après une campagne 2024-2025 financièrement déficitaire, les céréaliers vendront rapidement une partie de leurs récoltes pour se refaire de la trésorerie et financer ainsi la prochaine production 2026. 

Des marchés plus sensibles à la géopolitique 

Sur les marchés mondiaux, les céréales que l’Ukraine ne peut plus expédier sans droits de douane en UE seront en concurrence avec le blé et l’orge russes. Autrement dit, la Russie et l’Ukraine en guerre sur leur territoire seront rivaux sur les marchés africains (62,5 Mt de blé importées) et moyen orientaux (30 Mt) avec face à eux, l’UE et ses capacités d’exportation retrouvées. Les opérateurs pourraient alors être plus sensibles à la géopolitique qu’aux fondamentaux économiques si les ports redevenaient la cible des combats. Quant à la Chine, elle sera de nouveau le partenaire commercial le plus imprévisible de la planète de cette nouvelle campagne.

 

Ressources :

> Retrouvez les chiffres détaillés sur FranceAgriMer