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Rattraper une floraison perturbée grâce à la compensation en culture du colza

Le colza est une plante reconnue pour sa capacité de compensation lors de la floraison. © Photo Aline AUBRY
Le colza est une plante reconnue pour sa capacité de compensation lors de la floraison. © Photo Aline AUBRY

Après un début de floraison marqué par une succession de conditions climatiques contrastées et des dégâts sur boutons floraux, les capacités de compensation du colza pourront être très variables selon l’état des parcelles. Décryptage des mécanismes en jeu et des situations à potentiel.

Cette année, la floraison du colza a débuté sous le signe des à-coups climatiques. La douceur hivernale dès fin janvier a accéléré la phénologie plus vite que les capacités d’alimentation des plantes, créant un déséquilibre. Ce dernier a été accentué par d’importantes pertes de biomasse durant l’hiver, un mois de février très humide compliquant les apports d’engrais azotés et limitant l’absorption des plantes, puis un refroidissement fin mars. Autant de facteurs qui perturbent le cycle des plantes, déjà fragilisées par des conditions d’implantation parfois difficiles et diverses pressions de ravageurs.

Dans de nombreuses situations, des dégâts sont observés sur les boutons floraux de la hampe principale. Si le colza est réputé pour ses bonnes capacités de compensation, que peut-on réellement en attendre, et dans quelles conditions ?

Comment la plante rattrape les pertes de fleurs ?

Le colza peut rattraper une partie des fleurs avortées, surtout si les pertes surviennent en tout début de floraison. En l’absence d’autres facteurs limitants, la perte totale ou partielle de la hampe principale ou des axes secondaires entraine une réallocation des assimilats vers les organes fructifères restants.

Cette réorganisation se traduit, à l’échelle de la plante, par un phénomène de compensation permettant de maintenir le rendement (graphique 1). Elle s’appuie notamment sur les ramifications secondaires et tertiaires, qui produisent davantage de siliques ainsi qu’un nombre plus élevé de graines par silique.

Ces mécanismes de compensation ont également été observés en conditions de terrain. Lors d’un essai conduit par Terres Inovia en 2009, malgré des hampes principales sectionnées à G1, le rendement n’en a pas souffert.

Des capacités de compensation très contrastées

Pour les situations les plus favorables, les parcelles apparaissent saines, sans contrainte majeure. Malgré des pertes parfois visibles de boutons floraux, la floraison se déroule dans de bonnes conditions, en lien avec la précocité variétale et le retour d’un climat plus favorable. Dans ces contextes, les pertes de boutons, qu’elles soient liées aux méligèthes, à des stress physiologiques ou à des épisodes de gel, impressionnent visuellement mais se traduisent rarement par une perte de rendement.

À l’inverse, dès que les plantes sont soumises à des facteurs limitants, la capacité de compensation devient plus incertaine et dépend du degré de stress des cultures. Elle reste partielle lorsque les contraintes sont modérées (biomasse limitée, nutrition azotée imparfaite, pression d’insectes d’automne), et devient très réduite dans les situations les plus dégradées (fortes infestations larvaires, système racinaire peu développé, carences marquées), où le potentiel de rendement est déjà largement entamé.

Ces observations offrent un enseignement pour les campagnes futures : la robustesse et la résilience du colza commencent dès l’implantation. Un travail soigné du sol en interculture, permettant de retravailler la structure et d’éviter les tassements, favorise un enracinement profond et solide, condition essentielle pour que le colza supporte mieux les stress tout au long du cycle.

 

Ressources :

> Documents en ligne sur le site web de Terres Inovia sur le colza

 

Graphique 1 – Essai avec endommagement artificiel de boutons au stade D2-E
Capacité de compensation suite à des accidents de floraison (méligèthes, gel, stress physiologique)