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Avortements : pourquoi les tiques posent aussi un problème à nos animaux, bovins, ovins, caprins ?

Vache enceinte. © Photo sous licence CC
Vache enceinte. © Photo sous licence CC

Cet article poursuite une série de quatre publications proposées par le GDS des Vosges, consacrées aux maladies transmises par les tiques et à leurs impacts en santé humaine et animale sur le territoire. Souvent associées à une simple gêne pour les animaux, les piqûres de tiques représentent en réalité un véritable enjeu sanitaire pour les élevages.

En se nourrissant du sang des ruminants, elles peuvent transmettre plusieurs agents pathogènes responsables de maladies. Parmi elles, l’ehrlichiose occupe aujourd’hui une place mieux connue.

L’ehrlichiose : une maladie transmise par les tiques

L’ehrlichiose est une maladie infectieuse transmise par les tiques Ixodes (largement présente dans le Grand-Est), qui peut toucher les bovins, ovins et caprins. Elle peut passer inaperçue ou s’exprimer par des troubles généraux, mais elle est également impliquée dans des avortements, parfois sous forme de séries au sein d’un même troupeau.

Le dispositif OSCAR : mieux comprendre les causes d’avortements

Afin de mieux connaître les causes des avortements chez les ruminants, le dispositif OSCAR (Observatoire et Suivi des Causes d’Avortements chez les Ruminants) a été mis en place par la Plateforme ESA (Epidémiosurveillance Santé Animale). Son objectif est d’améliorer la connaissance épidémiologique des avortements en France grâce à l’analyse des séries abortives déclarées et à l’identification des agents pathogènes en cause.

Chaque série d’avortements dans les départements faisant partie de l’observatoire (le département des Vosges n’en fait pas partie), fait l’objet d’investigations diagnostiques permettant d’évaluer la responsabilité réelle des agents détectés. Les résultats montrent que, bien souvent, plusieurs agents infectieux sont impliqués simultanément. Comme on le dit fréquemment : « c’est souvent une association de malfaiteurs ».

Le suivi départemental : une mobilisation forte aussi dans les Vosges

Dans cette même démarche, le Laboratoire Vétérinaire Départemental des Vosges, en étroite collaboration technique avec le GDS, a mis en place depuis plus de 10 ans des PACKS avortement. La déclaration d’avortement, obligatoire et gratuite dans le cadre du suivi de la brucellose, permet de profiter de l’intervention du vétérinaire pour réaliser des prélèvements complémentaires sur la mère et le fœtus.

Aujourd’hui, ces packs permettent de rechercher 10 agents pathogènes sur le même échantillon lors d’avortement pour un coût de 80€ aidé à hauteur de 50% par le GDS.

L’implication des éleveurs est essentielle. Grâce à leurs déclarations et à leur volonté de connaître l’origine des avortements, il est aujourd’hui possible de disposer de données solides sur les causes des séries abortives dans le département des Vosges.

Mise en regard des résultats nationaux OSCAR et des données départementales : 

Des résultats qui confirment l’importance des maladies à tiques dans les séries d’avortement

Les données nationales :

En 2023, 1 586 séries abortives ont été investiguées dans le cadre du dispositif OSCAR, toutes espèces confondues.
L’analyse de ces données OSCAR (tableau ci-joint) permet de hiérarchiser les principales causes d’avortements :

  1. La néosporose arrive en première position,
  2. La chlamydiose occupe la deuxième place (peu présente lors d’avortements bovins des Vosges, mais responsable d’avortements chez les ovins et caprins),
  3. L’ehrlichiose, maladie transmise par les tiques, se classe en troisième.


Tableau : imputabilité des différents agents pathogènes dans les séries abortives

Les données départementales :

Dans les Vosges les résultats des packs avortement (données sur 2 années de 2023 à 2024) sont un légèrement différents :

  1. La fièvre Q arrive en première position des causes d’avortement,
  2. L’ehrlichiose, se classe en deuxième position.

Ces résultats montrent que les tiques constituent un enjeu réel pour la reproduction des troupeaux. Le GDS des Vosges s’est donc engagé dans une démarche visant à mieux comprendre ces risques et à travailler sur des solutions de prévention.

Une journée technique pour mieux comprendre et agir

Afin d’apporter des éléments concrets aux éleveurs, le GDS des Vosges organise une journée technique consacrée aux maladies à tiques, le 10 février prochain à Dompaire.

Cette journée permettra de mieux comprendre le cycle des tiques, les maladies qu’elles peuvent transmettre, leurs impacts en santé humaine et en santé animale, et de présenter les résultats de l’étude conduite par le GDS 88 sur le territoire vosgien.

Inscription obligatoire auprès du GDS Vosges au 03 29 68 20 20 – Journée et repas gratuits pour les adhérents GDS Vosges

Affiche GDS 88 journée technique sur les tiques - février 2026
Affiche GDS 88 journée technique sur les tiques - février 2026