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Europe : Vers la fin des dénominations trompeuses ?

Rayon viande en magasin. © Photo DR iStock
Rayon viande en magasin. © Photo DR iStock

Le 8 octobre, les députés européens ont voté pour une proposition de leur collègue Céline Imart (PPE, France) afin d’interdire les appellations « steak végétal » ou « burger végétarien ». Les organisations agricoles sont satisfaites de cette première victoire. Les Écologistes et partis de gauche nettement moins. 

Le feuilleton des dénominations végétales assimilées à des produits carnés (« saucisses veggie », « jambon végétal » etc.) s’est poursuivi le 8 octobre au Parlement européen de Strasbourg avec l’examen d’un texte présenté par l’eurodéputée Céline Imart, elle-même agricultrice dans le Tarn. Ce texte a été adopté par 355 voix, 247 contre et 30 abstentions. Il revient surtout sur une décision adoptée en 2020 par le même parlement qui autorisait les appellations carnées (steak, jambon, hamburger, saucisse..) pour des produits végétaux… L’adoption de ce texte va également à l’encontre d’une décision d’un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui en octobre 2024, avait enjoint la France à se conformer au droit européen et de ne pas « imposer de restrictions supplémentaires » sur les produits végétaux. Ce qui fait que le 29 janvier dernier, le conseil d’État avait annulé les décrets de 2022 et 2024 qui interdisaient l’usage de termes comme « steak » ou « saucisse » pour les produits végétaux… A ce rythme, le consommateur risque de ne plus trop s’y retrouver. Mais le texte de Céline Imart doit encore être validé par les États membres… 

« Un steak c’est de la viande »

En attendant, ce vote a soulevé la colère des députés européens écologistes et de l’extrême gauche. C’est une « mesure de diversion », « un écran de fumée »,« qui ne profitera pas réellement aux agriculteurs » a commenté l’eurodéputé Thomas Waitz (Verts, Autriche). Sa collègue des Pays-Bas, Anna Strolenberg a estimé « qu’une interdiction des termes comme « veggie burger » ne changera rien pour les éleveurs, mais portera atteinte à l’information du consommateur ». La députée française (LFI) Manon Aubry a jugé pour sa part que c’est « un combat d'arrière-garde qui nie l'impératif de végétaliser notre alimentation et d'encourager des alternatives non-carnées. Un scandale ! », a-t-elle mentionné sur X.

En revanche, chez les agriculteurs, c’est clairement d’une victoire que l’on parle. C’est le terme employé par la Fédération nationale bovine (FNB). « L’enjeu est bien de réserver l’usage de ces dénominations aux produits de l’élevage, et d’interdire en conséquence que d’autres produits végétariens n’usurpent ces termes, faussant la bonne compréhension du consommateur, et biaisant sans vergogne l’offre sur le marché », commente-t-elle dans un communiqué de presse. « La position nette exprimée par le Parlement européen rend aux éleveurs et filières ce qui leur appartient, à savoir des dénominations liées à l’univers des produits carnés », se réjouit le président de la FNB, Patrick Bénézit. Plus sobre, Céline Imart ajoute qu’« une saucisse, c’est de la viande produite par nos éleveurs (…) Les mots ont un sens : un steak, c’est de la viande. Point final ».