Les Réseaux d’Élevage du Grand Est-Île de France proposent des repères économiques pour situer les résultats de votre exploitation bovin viande en 2025.
L’année 2025 a, globalement, permis des récoltes fourragères de qualité, avec des rendements en première coupe pénalisés par la sécheresse printanière, mais de très bons rendements en maïs et des repousses d’automne abondantes.
Les performances techniques des troupeaux ont été dégradées par le passage de la FCO en 2024 (baisse de production, pertes d’effectifs…), avec des impacts très variables d’un élevage à l’autre. La conjoncture est favorable à la production en élevage, avec des prix de ventes élevés et des charges opérationnelles en baisse. Les ateliers cultures de vente ont été portés par de bons rendements, cependant les prix sont en forte baisse pour les céréales, à cause d’une bonne récolte au niveau mondial.
Les démarches analytiques telles que les calculs de coûts de production, prix de revient, coûts alimentaires, marges brutes… permettent d’analyser finement chaque composante d’un atelier afin de les comparer à une référence ou à d’autres ateliers du même type pour en déduire les postes à améliorer. Mais pour éviter toute erreur d’interprétation, il est indispensable au préalable de s’assurer de la cohérence entre les différents ateliers grâce à l’analyse globale, en déterminant l’efficacité de son exploitation (schéma 1).

Situez vos résultats économiques
Le schéma 2 présente des repères économiques pour les trois principaux ratios à analyser dans le fonctionnement global d’une exploitation.
Le produit brut par ha de SAU dépend du niveau d’intensification global de l’exploitation et de la part des cultures de vente. Les cours des bovins viande finis et des broutards ont fortement progressé en 2025. Malgré les pertes de performances dues à la FCO et à la mauvaise qualité des fourrages 2024, le produit des ateliers bovins viande n’a jamais été aussi haut. Du côté des cultures, les rendements ont été bons. Seule ombre au tableau, les prix, notamment pour les céréales qui ont été particulièrement pénalisées avec des baisses de 20 à 30 €/t, après la réduction déjà observée l’année précédente.
Au final, les repères de produit brut/ha des exploitations proposés sont fortement revus à la hausse par rapport à 2024 pour les systèmes spécialisés. Pour les systèmes avec une part de culture importante, les repères de produits par ha évoluent peu et restent à des niveaux plus faibles.
Le positionnement des résultats d’un élevage doit prendre en compte les périodes de vente et d’exercice comptable. En cas de produit insuffisant dans votre exploitation par rapport aux repères proposés, les raisons sont à rechercher parmi les points suivants : système non optimisé (niveau d’intensification, cohérence du système fourrager…), mauvaises performances techniques du troupeau (reproduction, mortalité, croissances, poids de vente), rendements des cultures inférieurs aux moyennes de l’année (hétérogénéité des rendements selon les zones). Le produit peut aussi être influencé par l’accès à certaines aides : éco régime de niveau 2, Ichn, contractualisation ou pas de Mae système, indemnités d’assurance climatique des récoltes...

Charges opérationnelles en baisse
La baisse observée en 2024 sur les charges opérationnelles s’est poursuivie. Les prix des engrais utilisés pour la campagne 2025 ont baissé : de -16 % pour la potasse à -4 % pour l’azote (toutes formes). Les correcteurs azotés ont aussi profité d’une baisse de 7 % par rapport à 2024, pour revenir à des prix équivalents à fin 2021. Les frais d’élevage et les services agricoles restent sur une tendance haussière. Les premiers sont en parallèle pénalisés par le contexte sanitaire, impliquant des surcoûts de frais, notamment vétérinaires (soins et vaccinations).
En conséquence, le ratio charges opérationnelles sur produit brut à respecter est abaissé de deux à trois points par rapport à 2024, hormis pour les systèmes cultures + viande. Lorsque les charges opérationnelles sont trop élevées, il faut rechercher les marges de progrès en priorité du côté de la conduite alimentaire des animaux, notamment en développant l’autonomie du système, mais aussi en optimisant les itinéraires techniques des cultures par rapport à des objectifs de rendement réalistes.
En parallèle, les charges de structure, qui intègrent aussi les charges sociales sur le résultat des trois années précédentes, sont relativement stables, la baisse du carburant compensant relativement la hausse tendancielle des autres postes.
Relèvement des objectifs d’EBE par produit brut
Les objectifs de ratios d’EBE/ Produit brut à atteindre pour la campagne 2025 sont relevés par rapport à 2024 : 40 et 44 % d’EBE/ Produit brut pour les systèmes «herbagers » selon leur niveau d’intensification et 35 % pour les polyculteurs-éleveurs. Le repère pour les systèmes les plus céréaliers est en revanche maintenu à 22 %.
Un EBE faible au regard de nos repères peut être la conséquence d’une productivité insuffisante ou d’un excès de charges opérationnelles, mais aussi provenir d’un excès de charges de structure, le principal poste à surveiller étant la mécanisation. Les dépenses de structure dépendent de plusieurs facteurs liés aux activités de l’exploitation, mais aussi des choix stratégiques des chefs d’exploitation (recours aux travaux par tiers, politique de renouvellement du matériel...). Certains leviers sont actionnables pour optimiser au mieux ces dépenses (mutualisation du matériel, dimensionnement des moyens de production…).
Les repères proposés permettent de positionner vos résultats même s’ils intègrent difficilement l’hétérogénéité des situations en élevage (impacts FCO plus ou moins marqués) comme en cultures (variabilité des rendement). En élevage, la date de clôture de l’exercice comptable impacte aussi significativement les résultats car les prix de vente des bovins étaient en forte dynamique haussière, et ont donc favorisé les résultats des clôtures de printemps par rapport à ceux des clôtures en année civile.
Dans ces périodes de fortes incertitudes où de nombreux outils analytiques sont disponibles pour vous aider à gérer vos ateliers, il ne faut pas oublier les fondamentaux : l’analyse globale de votre exploitation en fait évidemment partie et votre conseiller chambre d’agriculture peut vous accompagner dans cette démarche.
Pour l’équipe Inosys Réseaux d’élevage bovins viande : Floria BOYER, CDA 54, Céline ZANETTI, CDA 57, Émeline YVON, CDA 55, Damien GODFROY, CDA 88, Laurence ECHEVARRIA, Idele



