Après s’être essayé à plusieurs présentations lors des Elit’Days, Jules Accorsi, 25 ans, a décidé de sauter dans le grand bain : il s’est inscrit à son premier concours d’élevage. Malgré un faux départ dû à l’annulation des concours bovins à Agrimax cette année, ce n’est que partie remise.
C’est à l’occasion d’Agrimax que Jules devait faire ses premiers pas sur le ring. Malheureusement, les concours bovins ayant été annulés cette année, il lui faudra encore attendre un peu pour présenter Valise, génisse Prim’Holstein de 11 mois.
De la génétique
Cela fait maintenant cinq ans que Jules Accorsi exerce en tant qu’inséminateur au sein de la coopérative Elitest. «J’ai toujours voulu travailler avec les animaux» confie-t-il. Entouré de passionnés, il évolue dans le monde de l’élevage sans pour autant en faire sa profession. Il partage tout de même avec eux l’amour des bêtes et le goût pour la génétique. «Lorsque je faisais mes études, mes maîtres de stage : Thierry Mathis et David Noël faisaient des concours.» explique-t-il.
Bien qu’il ne soit pas éleveur, le jeune passionné n’a pas eu de difficultés pour trouver un animal à présenter. En effet, son frère est salarié au sein de l’EARL de la Vôge, exploitation laitière de la plaine des Vosges dirigée par Vincent Humbert. La SAU de l’exploitation est composée de 60ha d’herbe et de 70ha de terres labourables. Sur l’exploitation, les 60 Prim’Holstein à la traite produisent 600 000L de lait, livrés à Lactalis, avec une moyenne de 10500L par vache. Pour se préparer, Jules a pu compter sur le soutien de Vincent. Car, outre le travail de sélection de longue date qu’il effectue sur son troupeau, l’éleveur est aussi un passionné de concours. «J’ai participé neuf fois à Eurogénétique et nous avons déjà présenté deux fois des animaux au national.» se rappelle-t-il.
Ainsi, Jules devait présenter pour la première fois Valise, une génisse née le 15 novembre 2024. «Son père est Topissim et son grand-père Ramsès RF. Ce sont de très bons taureaux en morphologie» explique-t-il. Bien qu’il soit encore compétiteur en devenir, Jules a l’avantage d’avoir la sélection pour métier. «C’est un concours qui est très axé sur la morphologie. J’ai donc choisi la génisse en ce sens. J’hésitais entre deux, alors j’ai échangé avec Vincent et un collègue qui est technicien chez Elitest. Finalement, c’est elle qui s’est démarquée, elle a ce « petit truc en plus. »» explique-t-il confiant. Bassin, taille, corps, Valise se démarque par sa morphologie. Ainsi Jules voulais mettre toutes les chances de son côté car : «A Agrimax, l’épreuve repose sur de la présentation pure. Nous sommes vraiment notés sur la bête telle qu’on la voit et pas sur la généalogie.»
Aux concours
S’il a choisi de concourir avec une génisse c’est d’abord parce que c’est plus simple pour commencer. «Les génisses sont plus faciles à manipuler et à gérer lors du changement d’environnement. Et puis, il n’y a pas besoin de la traire contrairement à une vache adulte.» Selon lui, elles sont aussi plus facile à dresser : «Les animaux apprennent vite lorsqu’ils sont jeunes» explique Jules. Confiant pour l’apprentissage du licol et de la marche il a toutefois une réserve pour la tonte «ce n’est pas vraiment ce que je préfère. Il faudra que je trouve quelqu’un pour m’aider.»
C’est dans le cadre de son métier que Jules a goûté pour la première fois à la présentation d’animaux. «Agrimax aurait été mon premier concours» explique-t-il. «J’ai déjà présenté des bêtes aux Elit’days les deux dernières années. Cela m’a donné envie d’essayer. Je voudrais déjà présenter une bête pour voir et, par la suite, pourquoi pas faire plus de concours.» explique-t-il.
Au-delà de la génétique, ce qui l’attire dans les concours c’est aussi leur ambiance particulière et les échanges entre éleveurs. «Il est vrai qu’il y a une bonne équipe» reconnaît-il. «Cela permet aussi de sortir des fermes et de voir des animaux hors du commun.» L’avantage d’Agrimax selon lui, c’est aussi sa date. «C’est un concours qui arrive en fin d’année, après les gros chantiers d’été. Nous avons alors plus de temps pour dresser les animaux, les tondre et les transporter.»
Déçu mais pas découragé.
Bien qu’il ait été un peu déçu lorsqu’il a appris l’annulation des concours bovins, le compétiteur en herbe s’est vite rassuré. «Ce n’est pas grave, je participerai l’année prochaine.» dit-il. Malgré un sentiment partagé, Jules Accorsi salue la décision prise par l’organisation : «nous avons déjà beaucoup souffert avec la FCO l’année dernière. Nous savons qu’il y a des cas de DNC à proximité de notre département, il vaut mieux être prudents pour que la maladie n’arrive pas chez nous.» Car, finalement, concours ou pas, c’est toujours l’amour des bêtes qui prime.



