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Le beurre et la poudre vont peser sur les prix mondiaux

Production de beurre. © Photo DR iStock
Production de beurre. © Photo DR iStock

Dans les grands pays exportateurs de produits laitiers, les prix du lait ont motivé les éleveurs à accroître leurs livraisons. Mais les marchés de l’export du beurre et de la poudre donnent quelques signes d’essoufflement. 

En France semaine 42 close le 19 octobre dernier, la collecte hebdomadaire de lait est supérieure de 5 % à celle de l’an passé et les quatre précédentes de plus de plus de 4 %. Depuis le début de l’été dernier, la production de lait se redresse à un rythme accéléré. En cumul, le retard de livraison pris en cours d’année a été comblé courant août : 15 800 millions de litres de lait ont pu ainsi être livrés en huit mois comme l’an passé à la même époque.

Pour autant, le cheptel de vaches laitières diminue toujours. Le 1er septembre 2025, on ne dénombrait plus que 3,21 millions de têtes, en baisse de 2,6 % sur un an. Mais la conjoncture économique reste favorable aux éleveurs. « La marge MILC* estimée à 256 €/1 000 l en août, a progressé de 9€ en un mois et de 73€/1 000 l sur un an », souligne l’Idele. Aux Etats-Unis, en Océanie, en Argentine…. dans tous les bassins de production dédiés à l’export, les prix du lait payés sortie ferme depuis le début de l’année ont motivé les éleveurs à en produire toujours plus. Aussi, des quantités massives de beurre et de poudre de lait supplémentaires ont été fabriquées. En Union européenne, 1,31 million de tonnes supplémentaires ont été produites (+ 3 % sur un an) durant les sept premiers mois de 2025. En conséquence, les besoins à l’import ont nettement fléchi de 1 600 t/semaine entre la mi-juin et la fin du mois de juillet dernier à moins de 200 t/semaine depuis la semaine 38 close le 21 septembre dernier, d’après l’Idele. « Mais au début du mois d’octobre dernier, les importations de l’année avaient tout de même atteint 35 900 tonnes, d’après les données de la DG Fiscalité et Union Douanière (Taxud) », rapporte l’Institut. Elles étaient alors 2,6 fois supérieures à 2024.

Saturation progressive 

La Nouvelle-Zélande est dorénavant en tête des pays fournisseurs de l’Union européenne en ayant accru de 660 % ses livraisons. Les 11 700 tonnes expédiées durant les huit premiers mois de l’année, équivalent à un tiers des importations européennes. Mais le beurre néozélandais est compétitif et surtout, le pays a bénéficié de l’ouverture supplémentaire du marché européen depuis que l’accord de libre-échange est appliqué. La saturation progressive des marchés à l’export du beurre et de la poudre de lait commence à se répercuter sur les prix auxquels ces denrées sont échangées. D’après l’ATLA (Association de la transformation laitière française), la cotation s’établissait en France à 5 460 €/t semaine 40 après avoir baissé de 14 % sur un mois et de 30 % sur un an (-2 370 €/t).

Sur le marché de la poudre de lait écrémé, un scénario similaire se dessine. En Union européenne, son prix diminue sensiblement depuis deux mois à 2 308 €/t en septembre. Dans les exploitations laitières, le prix du lait payé aux éleveurs commence à reculer : - 8 % aux États-Unis en un mois à 396 €/t d’après l’Idele. « S’il reste stable en dollar néozélandais, le prix du lait en Nouvelle-Zélande recule en euro (-5€ en un mois à 397 €/t) », souligne l’Idele. Mais en Union européenne, le prix stagne depuis plusieurs mois autour de 530€ les 1 000 kg, mentionne la Commission européenne. 

* Marge IPAMPA Lait sur Coût total indicé