Le 17 juin, le Parlement européen a définitivement validé le cadre juridique des Nouvelles techniques génomiques (NGT). Ce vote met fin à des années de débats intenses et ouvre une nouvelle ère pour l'innovation variétale en Europe.
Réunis en session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont donné leur ultime feu vert à la mi-journée. En rejetant l'ensemble des amendements qui auraient pu relancer les négociations, le Parlement a scellé un compromis de longue date avec les États membres. Ce règlement vise à autoriser l’introduction dans l’agriculture de plantes issues de ce que les détracteurs des nouvelles techniques génomiques (NGT/NBT*) appellent « nouveaux OGM », conçues pour être plus résistantes aux aléas climatiques et aux maladies.
Contrairement aux organismes génétiquement modifiés de première génération, les NGT ne sont pas « transgéniques ». Elles permettent de modifier le génome d'une plante en utilisant des gènes issus de la même espèce ou d’une espèce apparentée, sans introduction d'ADN étranger. Par exemple, il devient possible de transférer la résistance naturelle d'une variété de tomate à une autre pour lutter contre les pucerons.
Le texte des parlementaires européens établit une distinction cruciale entre deux catégories. Les plantes de catégorie 1, présentant des mutations limitées, seront considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles et exemptées des contraintes strictes liées aux OGM. En revanche, les plantes de catégorie 2, aux modifications plus complexes, resteront soumises à la directive OGM de 2001, incluant une autorisation préalable et un étiquetage obligatoire.
Un saut technologique sous haute tension
Le chemin vers cette autorisation a été jalonné de passions et de confrontations. Le processus législatif a réellement accéléré après la proposition initiale de la Commission européenne en juillet 2023. S'en est suivi un accord en trilogue en décembre 2025, puis une validation par le Conseil de l'UE le 21 avril 2026. Lors de ce vote au Conseil, une majorité étroite de 18 États membres, représentant 66 % de la population européenne, avait soutenu le projet, tandis que des pays comme l'Autriche et la Hongrie s'y opposaient fermement.
Le débat a également divisé le monde agricole. D'un côté, les défenseurs du texte, comme l'organisation Copa-Cogeca et les semenciers, invoquent la compétitivité face aux États-Unis et à la Chine. De l'autre, des syndicats comme la Confédération paysanne et des organisations environnementales s'alarment d'un « risque majeur de privatisation du vivant ». Ils dénoncent une menace pour l'agriculture biologique — où les NGT resteront interdites — et s'inquiètent de l'absence d'étiquetage pour le consommateur final sur les étals.
Satisfaction de la CGB et de la FNSEA
Malgré ces critiques, les grandes organisations syndicales françaises ont accueilli la nouvelle avec soulagement. La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a salué une « avancée majeure ». Pour les betteraviers, ces techniques sont un levier indispensable pour contrer des fléaux tels que la jaunisse, la cercosporiose ou le syndrome de la betterave « caoutchouc », tout en s'adaptant aux sécheresses intenses.
La CGB précise toutefois que la recherche génétique, demandant du temps, il est impératif de maintenir des solutions opérationnelles de protection des cultures en attendant que ces nouvelles variétés arrivent dans les champs.
De son côté, la FNSEA voit dans ce vote une « étape décisive » pour construire une agriculture durable et compétitive. Arnaud Rousseau, son président, a déclaré que ces outils permettront aux chefs d'entreprise agricole d'agir concrètement sur la transition en utilisant des variétés nécessitant moins d'intrants et supportant mieux les fortes chaleurs. Le syndicat promet néanmoins de rester « extrêmement vigilant » quant à l'accessibilité de ces semences pour tous les modèles de production. Si le calendrier est respecté, après une période de transition de 24 mois, ce cadre réglementaire sera pleinement applicable à la mi-2028.
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NGT : le Copa-Cogeca salue le vote Le Copa-Cogeca a salué le vote final du Parlement européen sur le règlement relatif aux nouvelles techniques génomiques (NGT). Pour l’organisations agricole regroupant les agriculteurs et les coopérateurs, cette décision constitue une étape historique ouvrant la voie à une nouvelle génération de semences. Face aux crises climatiques et de marché, le Copa souligne que l’accès à l’innovation est « vital pour la sécurité alimentaire et la compétitivité de l’UE ». Le Copa-Cogeca appelle désormais la Commission à une mise en œuvre rapide et pragmatique, pour que ces outils arrivent concrètement dans les champs « d’ici deux ans ». |



