Cet article ouvre une série de quatre publications proposées par le GDS des Vosges, consacrées aux maladies transmises par les tiques et à leurs impacts en santé humaine et animale sur le territoire.
Cette série d’articles annonce la Journée Technique Santé “Maladie à Tiques : quels enjeux pour mon troupeau et ma famille ?” organisée le 10 février 2026 à Dompaire.
Les tiques dans les Vosges : un enjeu de santé humaine et animale
D’après plusieurs travaux scientifiques menés notamment par l’INRAe, certaines régions françaises présentent des conditions particulièrement favorables au développement des tiques, et en particulier le Grand Est.
Les Vosges cumulent en effet de nombreux facteurs propices à leur présence : une forte proportion de forêts, une abondance d’animaux hôtes (chevreuils, sangliers, rongeurs), un climat humide et des altitudes modérées. Autant d’éléments favorables à la survie de Ixodes ricinus, principale espèce de tique impliquée dans la transmission de la maladie de Lyme en France.
Si la maladie de Lyme est souvent associée à la santé humaine, les tiques représentent également un enjeu majeur pour la santé animale, en particulier en élevage bovin. Elles peuvent transmettre différents agents pathogènes responsables de troubles parfois discrets, mais aux conséquences zootechniques importantes : baisse de production, troubles de la reproduction, avortements ou états fébriles chroniques.
Face à cette double problématique de santé humaine et de santé animale, le GDS des Vosges s’est naturellement penché sur la question, en engageant des travaux visant à mieux comprendre le fonctionnement des tiques, leur présence au contact des animaux, la circulation des agents pathogènes sur le territoire ou MVT (Maladies Vectorielles à Tiques), ainsi que leurs impacts concrets en élevage.
CiTIQUE : la science participative au service de la prévention
Pour mieux comprendre la répartition des tiques et les agents pathogènes qu’elles peuvent transmettre, les chercheurs s’appuient sur des données climatiques, environnementales et de terrain, mais aussi sur le programme de science participative CiTIQUE.
Ce dispositif national permet à toute personne piquée par une tique de la signaler et, si elle le souhaite, de l’envoyer pour analyse. Ces contributions citoyennes constituent aujourd’hui une source précieuse d’informations pour les chercheurs :
Entre 2017 et 2022, près de 80 000 piqûres de tiques ont ainsi été recensées en France via CiTIQUE, un chiffre en constante augmentation. Dans le Grand Est, environ 35 % des tiques analysées étaient porteuses d’au moins un agent potentiellement pathogène, confirmant un risque sanitaire non négligeable.

Carte des tiques porteuses d'un agent pathogène et saines en pourcentages ( France métropolitaine ) • © Jonas Durand, CiTique, INRAE
Selon le Dr. Jonas DURAND, ingénieur de recherche au sein du programme CiTIQUE, plusieurs facteurs expliquent cette situation :
« C’est sans doute lié au climat, mais aussi aux hôtes, c’est-à-dire aux animaux sur lesquels les tiques vont se nourrir. Mammifères, rongeurs et oiseaux jouent un rôle de réservoir pour ces agents infectieux. »
Cette réalité illustre parfaitement l’approche dite “One Health”, qui considère que la santé humaine, la santé animale et l’environnement sont étroitement liés.
Les tiques circulent entre la faune sauvage, les animaux d’élevage et l’Homme, faisant de leur surveillance et de leur prévention un enjeu collectif.
Une journée technique pour mieux comprendre et agir
Afin d’apporter des éléments concrets aux éleveurs, le GDS des Vosges organise une journée technique consacrée aux maladies à tiques, le 10 février prochain à Dompaire.
Cette journée permettra de mieux comprendre le cycle des tiques, les maladies qu’elles peuvent transmettre, leurs impacts en santé humaine et en santé animale, et de présenter les résultats de l’étude conduite par le GDS 88 sur le territoire vosgien.
Inscription obligatoire auprès du GDS Vosges au 03 29 68 20 20 – Journée et repas gratuits pour les adhérents GDS Vosges




