Comme la production de lait ne décolle pas en Union européenne, les prix payés aux éleveurs augmentent continument. Le seuil de 500 €/ 1 000 litres est largement dépassé. Aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande, la conjoncture se détériore avec des prix en replis, sans retentissements sur le marché européen… pour l’instant.
Depuis le début du printemps en France, la collecte hebdomadaire de lait est supérieure de 1 % à 2 % à l’an passé après avoir été inférieure de 2,8 % au cours du premier trimestre (5,84 millions litres de lait). Elle évolue dans la moyenne des cinq dernières années. Aussi, entame-t-elle son repli saisonnier depuis la mi-mai sans pour autant décrocher. Les prix du lait et l’abondance de l’herbe incitent les éleveurs à conserver leurs vaches dans les étables. Selon la Commission européenne, les 1 000 litres de lait livrés ont été payés au mois d’avril en moyenne 515 €, comme le mois précédent. Au mois de mars, la marge MILC*, avait progressé de 5 € à 211 €/1 000l. Sur un an, la hausse est de 60 €/1 000 l. Les éleveurs bénéficient à la fois de la baisse des charges et des hausses des prix du lait et de la viande. Contrairement aux années passées, l’écart de prix du lait payé aux éleveurs français par rapport à la moyenne européenne (550 €) est relativement modéré (35 €/1 000 l). Mais parmi les pays européens exportateurs nets, le lait est toujours mieux payé au Danemark et en Irlande (575 €/ 1 000 l environ – source Commission européenne) que chez leurs voisins immédiats. « En France, le niveau de prix devrait se maintenir dans les mois à venir, malgré un léger repli attendu en lien avec le pic saisonnier de collecte », analyse l’Idele. « La conjoncture reste favorable, soutenue par une offre européenne de lait sous tension, un marché du beurre toujours dynamique, et une demande domestique bien orientée »
Retournements conjoncturels
A l’international, la conjoncture laitière présente toutefois quelques faiblesses. Selon l’Idele, les Etats-Unis sont très compétitifs sur les marchés du beurre mais son prix a fortement baissé. « Les exportations de beurre et butter oil ont très nettement rebondi début 2025 pour atteindre 24 000 tonnes sur le premier trimestre 2025 (x3 /2024). A l’inverse, les exportations de beurre et butter oil depuis l’UE-27 étaient en retrait marqué (-10% /2024 à 58 000 tonnes) ». En fait, les Etats-Unis bénéficient à la fois de la baisse du dollar vis-à-vis de l’euro et du dollar néozélandais tout en pâtissant de la détérioration du marché intérieur avec l’apparition de stocks de beurre importants. Aussi, son prix a diminué de près de 30 % aux mois de mars et avril derniers. Pour la poudre maigre, le repli est plus faible (-10 %) mais les exportations américaines se tarissent. En Nouvelle-Zélande, le cours du beurre diminue aussi depuis plusieurs semaines mais celui de la poudre a progressé en avril dernier. Ces retournements conjoncturels n’impactent pas actuellement le marché européen.
Mais en France, les prix élevés des produits laitiers rendent ces derniers moins compétitifs et détériorent le solde commercial agroalimentaire. « Les exportations de produits laitiers ont reculé en volume au premier trimestre 2025 en équivalent lait (-8,1 % /2024), marquant un net retournement après la progression enregistrée en 2024 (+6,4 % /2023) » alors que les importations ont progressé de 1,3 %.
(*) Marge IPAMPA Lait de vache sur Coût total indicé



