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Ovinpiades : Le CS Ovin de Mirecourt s’impose à domicile

Lors de l’épreuve de génétique, les candidats sélectionnent un bélier parmi les quatre qui leur sont présentés. © Photo Marion FALIBOIS
Lors de l’épreuve de génétique, les candidats sélectionnent un bélier parmi les quatre qui leur sont présentés. © Photo Marion FALIBOIS

Le mercredi 14 janvier, la bergerie de la ferme de Braquemont (88), accueillait la finale régionale de la 21e édition des Ovinpiades des jeunes bergers. À l’issue de l’événement, Mary Ory et Augustine Guérin, ont décroché leurs places pour la finale nationale : direction le Salon international de l’agriculture.

Chaque année, depuis 2005, les Ovinpiades des jeunes Bergers voient s’affronter les élèves de l’enseignement agricole. Bien que les petits ruminants séduisent de plus en plus les jeunes en phase d’installation, la filière ovine manque de bras. En effet, 50% des éleveurs de brebis allaitantes en France ont cinquante ans et plus. Un vieillissement des éleveurs ovins d’autant plus inquiétant que la demande demeure présente : 59 % de la viande ovine consommée en France est importée.

En élevage, l’ovin reste un parent pauvre face au bovin, majoritaire dans la Région. Les Ovinpiades ont donc à la fois l’ambition de créer des vocations pour cette production et de distinguer les élèves en les jugeant sur leurs compétences professionnelles. Âgés de seize à vingt-quatre ans, les cinquante-cinq candidats de la région Grand Est se sont mesurés au cours d’une journée d’épreuves pratiques et théoriques.

Nouvelle épreuve

À peine avaient-ils posé les pieds sur le sol vosgien que les élèves se sont rassemblés dans une salle pour la première épreuve : le quizz de reconnaissance de races. Une fois les crayons posés, place à la pratique. Dans la bergerie de la ferme pédagogique, les élèves se sont affrontés sur six épreuves : le parage des onglons, l’appréciation de l’état de santé d’une brebis et la note d’état corporel (NEC), le tri des agneaux, la génétique avec la sélection de béliers qualifiés et enfin, la pose de clôture. Car, si les épreuves principales restent les mêmes, pour cette édition une nouveauté permet aux élèves de se départager : les clôtures électriques ont fait leur apparition dans la notation. 

Pour préparer les candidats à la finale nationale, la COBEVIM proposait une formation en accéléré. «L’épreuve nationale étant nouvelle, nous ne savons pas exactement en quoi elle consistera. Car la finale se déroule dans un bâtiment, il semble plus compliqué d’y planter des piquets…» explique Joël Raclot. Les jurys ont donc pris le parti de proposer un contenu pédagogique «nous voulons surtout leur transmettre les bases» renchérit-il. Un choix judicieux puisque, même si la plupart des élèves sont familiers des productions animales, beaucoup d’entre eux ne connaissent pas pour autant le fonctionnement des clôtures. Solidité, tension, matériel… Les candidats sont repartis avec des notions clés, utiles pour l’épreuve finale mais aussi dans leur quotidien d’apprentis éleveurs.

La génétique

De son côté, l’épreuve de sélection des béliers, auparavant théorique, a basculé dans la pratique pour cette édition. «L’idée est de coller le plus près possible à ce qui les attend à Paris.» explique Marine Charbonnier, animatrice Inn’ovin Grand Est. Cette épreuve était animée par les Organismes de sélection (OS) Mouton Charolais et Romane. Chaque apprenant recevait un scénario d’élevage, il devait ensuite sélectionner un des quatre béliers qui lui étaient présentés pour trouver celui qui répond le mieux à sa stratégie. «Les élèves sont mis dans la situation d’éleveur ou de technicien» explique Léa Dumont, technicienne à l’OS Romane. «Ils doivent, par exemple, sélectionner le bélier qui leur permettrait de faire du croisement ou de produire des agnelles de renouvellement». 

Index, croissance… Les deux intervenantes constatent que les élèves ont bien des notions de génétique, mais leur intervention vise aussi à leur faire dépasser quelques aprioris. «La génétique peut paraître abstraite pour certains mais, en réalité, elle est accessible à tous.» affirme Claire Debrut, technicienne de l’OS Mouton Charolais. «Rien qu’en choisissant un bélier ou ses agnelles pour le renouvellement, un éleveur fait déjà de la génétique à son échelle» souligne la technicienne. Selon elle, la génétique est un levier qui permet aux éleveurs d’améliorer ses résultats techniques au même titre que «l’alimentation ou le sanitaire.» En effet, le choix du bélier peut être une carte à jouer pour de futurs installés. Il est donc important de connaître les critères de sélection. «Même pour ceux qui ne souhaitent pas se diriger vers le mouton, nous essayons de leur faire comprendre les grands principes de la sélection génétique» explique Claire Debrut, technicienne de l’OS Mouton Charolais. «D’autant que la génétique est plus pratiquée en élevage bovin qu’en ovin» souligne Léa. «Peu d’éleveurs sélectionnent des reproducteurs inscrits. Pourtant, la génétique peut être un levier important d’amélioration de leur troupeau.» poursuit la technicienne. «Beaucoup pensent que la génétique coûte cher, or, l’achat de reproducteur reste accessible » complète Claire.

Se positionner en professionnels

Pour évaluer les jeunes, des éleveurs ou d’anciens élèves du Certificat de spécialisation (CS) ovin les encadraient puis les notaient. La grille de notation régionale s’appuie sur les mêmes critères que celle de Paris. À l’issue des épreuves, les élèves obtiennent une note sur vingt. Même si les épreuves sont communes, «dans l’ensemble des épreuves, nous avons ajouté des questions de réflexion» précise Marine Charbonnier. Cette demande émerge des jurys : éleveurs comme techniciens, car l’objectif est que les élèves se positionnent en tant que futurs professionnels. «Nous leur posons aussi des questions sur des éléments qui ne sont pas mentionnés sur le certificat, pour qu’ils aillent plus loin» précise Léa Dumont. Sur chaque atelier, l’avis est unanime : «Nous voulons les mettre en situation» répètent les membres du jury. 

Comme à chaque édition, les Ovinpiades des jeunes bergers sont largement appréciées des élèves. Heureux de quitter leur salle de cours, au fil des épreuves, ils se prennent au jeu. Pour certains, c’était la première fois qu’ils manipulaient une brebis. Pour d’autres, les gestes pratiqués seront bientôt ancrés dans leur quotidien. 

 

Résultats :

Photo ENCADRE : Mary Ory et Agustine Guérin, toutes deux élèves du CS Ovin de Mirecourt participeront à la finale nationale à Paris le 21 février © Inn’ovin Grand Est

1ère : Mary Ory, CFA Mirecourt, CS Ovin
2e : Augustine Guérin, CFA Mirecourt, CS Ovin
3e : Emilien Richier, CFAA Pixerécourt, BTSA PA2
4e : Antonin Moulin, CFA Mirecourt, CS Ovin 
5e : Noah Henry, CFAA Pixerécourt, BTSA PA2
6e : Raphaël Chaussin, CFA Mirecourt, CS Ovin 
7e : Célestin Georgel, EPL Pixerécourt, BTSA PA2
8e : Remy Ravet, CFA Mirecourt, CS Ovin
9e : Jérémy Blein, EPL Pixerécourt, BTSA PA2
10e : Maxime Ruh, EPL Pixerécourt, BTSA PA2

 

Les partenaires de l’événement :

Jurys : OS Mouton Charolais, Oson, OS Romane, Association de Production Animale de l'Est (APAL’), Berger du Nord Est (BNE), Coopérative Bétail et Viande du Mouton (COBEVIM), EMC2.

Partenaires lots : Groupama et le Crédit Mutuel.

 

L’épreuve de parage des onglons fait maintenant partie des classiques des Ovinpiades. © Photo Marion FALIBOIS
Malgré les récentes difficultés sanitaires rencontrées, la filière ovine reste prometteuse avec des prix moyens de l’agneau en augmentation. © Photo Marion FALIBOIS