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Syndicat ovin des Vosges : maintenir la dynamique malgré les difficultés

(De G. à D.) Dominique Candau, technicien ovin, CDA 88, Jean-Yves Poirot, pdt syndicat ovin 88, Stéphane Richard, responsable partenariat bouchers/ éleveurs, Frédéric Antonot, trésorier syndicat ovin 88 et Olivier Lavancier, exploitant. © M. FALIBOIS
(De G. à D.) Dominique Candau, technicien ovin, CDA 88, Jean-Yves Poirot, pdt syndicat ovin 88, Stéphane Richard, responsable partenariat bouchers/ éleveurs, Frédéric Antonot, trésorier syndicat ovin 88 et Olivier Lavancier, exploitant. © M. FALIBOIS

Le mercredi 3 décembre, les adhérents du syndicat ovin des Vosges se sont rassemblés à l’occasion de leur assemblée générale qui s’est déroulée à Bulgnéville. 

Plusieurs sujets tels que la prédation, la Fièvre catarrhale ovine (FCO) ou encore la première édition des Folies bergères ont été abordés au cours de la matinée. 

Partenariat bouchers/éleveurs

Le nombre de magasins se maintient et les bouchers sont satisfaits. La demande est présente mais il est plus compliqué d’y répondre en raison des conséquences de la FCO. Si le partenariat local fait ses preuves, il rencontre quelques obstacles : le tonnage continue de diminuer en raison des nombreux départs à la retraite et les difficultés rencontrées par l’abattoir de Remiremont inquiète les agriculteurs. Cet outil de proximité, permet notamment d’éviter de longs trajets aux animaux. Aujourd’hui, l’établissement se trouve dans un entre-deux : la main d’œuvre est disponible mais le nombre d’abattages insuffisant. «La charge de travail est trop importante pour une seule personne, mais pas suffisante pour deux.» explique Stéphane Richard. Un volume plus élevé serait donc nécessaire. Pour éviter une fermeture, les agriculteurs espèrent que l’abattoir sera soutenu par la Région ou les collectivités locales. 

Prédation

Les attaques de loup dans le département ne cessent d’augmenter et constituent aujourd’hui l’une des principales sources d’inquiétude pour les éleveurs ovins. En effet, ces derniers ont fait part de leur mécontentement aux représentant de la DDT venus assister à l’AG. Ils s’interrogent sur la reconnaissance des attaques, notamment lorsque les causes de mort sont classées comme «indéterminées» mais que l’animal a la gorge arrachée… 

Les agriculteurs ont l’impression de ne pas être entendus lors des visites de contrôle. Ils ont le sentiment que ces derniers ne reflètent pas réellement l’ampleur des dégâts et que la présence du loup, en France et dans les Vosges, est sous-évaluée. Ils appellent également à plus de transparence sur le comptage des loups dans le département. 

«Nous vaccinons contre la FCO pour engager l’avenir et éviter les maladies, mais aucune action n’est mise en place pour lutter contre le loup. À ce rythme, d’ici quelques années, il n’y aura plus d’élevages ovins.» alerte l’audience. D’autant que la présence du loup s’intensifie en Haute-Marne où une portée a été observée. Les éleveurs du département voisin ont récemment subi plusieurs attaques. Leur message est clair : «L’État protège le loup mais pas les éleveurs» soutient Antoine Marchal, éleveur ovin sur la commune du Puid.

Isabelle Annesser, cheffe du service de l’économie agricole et forestière, a répondu que les causes pouvaient être qualifiées d’indéterminées lorsque les agents chargés de constater les dégâts doutent de l’implication d’un loup et qu’aucune autre attaque n’a été constatée dans le secteur. Plusieurs dispositifs ont d’ailleurs vu le jour : l’installation de pièges photos, l’autorisation de tirs de défense sous certaines conditions et des consultations publiques. Elle précise : «Il y a aussi des subventions qui s’élèvent jusqu’à 80% de prise en charge afin d’investir dans des parcs électriques». Enfin, elle souligne qu’il est parfois compliqué d’attester de la présence du loup, celui-ci étant considéré comme de passage dans le département. 

Concernant le lynx, une translocation de femelles est envisagée par l’Etat dans le massif des Vosges où les lynx actuels sont principalement des mâles. L’objectif serait de favoriser la réintroduction naturelle de femelles, notamment en facilitant leur arrivée depuis le Jura. Cependant les éleveurs ovins appellent à la prudence : même si cet animal pose moins de difficultés que le loup, car il est encore peu présent dans le département, il reste un prédateur. Par ailleurs, en raison de sa grande agilité, il est difficile voire impossible de s’en protéger. 

Première édition de la Folie bergère

La première édition de la Folie bergère, s’est déroulée le 14 septembre à Cornimont, chez Jean-Baptiste Mangel. L’événement connaît un agréable retour. Tout au long de la journée, les visiteurs ont pu profiter de nombreuses animations : groupe de musique local, démonstrations de tonte de moutons et de chiens de troupeau dans le milieu agricole.

Proposé au tarif de 20 € pour les adultes et 10 € pour les enfants, plus de 120 repas ont été vendus, comportant respectivement : apéritif, burger, frites et yaourt de brebis. La buvette et les crêpes ont également rencontré un franc succès. 

Le syndicat ovin des Vosges remercie l’ensemble des bénévoles présents pour le bon déroulement de cet évènement et lance d’ores et déjà un appel à pour l’an prochain. 

La date a déjà été envisagée, la nouvelle édition pourrait avoir lieu le 20 septembre 2026, au GAEC sous la Burotte à Basse-sur-le-Rupt. De nouvelles animations sont en réflexion, notamment un challenge de tonte de moutons entre éleveurs. Cette première édition laisse présager un avenir prometteur. 

Compte-rendu positif pour la première édition de la Folie bergère présenté lors de l’AG par Jean-Baptiste Mangel. © Photo Marion FALIBOIS 
Compte-rendu positif pour la première édition de la Folie bergère présenté lors de l’AG par Jean-Baptiste Mangel. © Photo Marion FALIBOIS 

Point FCO

Le GDS des Vosges a conclu l’assemblée générale par une présentation sur la FCO. La maladie a globalement diminué sur tout le territoire français par rapport à l’année 2024. Pour la FCO 3, 7 000 foyers sont suspectés en France contre 10 000 l’an dernier. L’Ouest est cependant fortement impacté. La FCO 8 connaît une diminution plus marquée. En 2025, il y avait 3 194 suspicions de foyer contre 17 000 l’année précédente.

Dans les Vosges, on comptait en 2024 163 suspicions en élevages ovins pour 350 animaux testés et 82% d’animaux positifs. Cette année, une diminution notable est constatée puisque 38 élevages ont été suspectés pour 75 animaux testés et 45% de positivité. À noter que dans 70% des cas de positivité, il n’y a pas eu de vaccination. Pour les animaux vaccinés mais touchés par la maladie, les questions des conditions de vaccination ou encore de la façon dont ils ont été conduits peuvent se poser rappelle Estelle Vouillon, conseillère sanitaire.

Concernant la circulation des sérotypes, elle est assez égalitaire. En général, le sérotype 3 est présent au début de la circulation, et le 8, à la fin. 

Des aides ont été mises en place par la Région Grand Est, la Chambre d’agriculture des Vosges et le Groupement de défense sanitaire (GDS) 88 en 2025 en fin d’année. Elles permettent la prise en charge de 60% du prix du vaccin

L’année 2025 marque une diminution de la maladie, aussi bien à l’échelle des bovins que des ovins. Il est tout de même conseillé de protéger à nouveau les animaux et de les vacciner pour 2026. L’idéal serait que les vaccins soient effectués avant fin juin afin que le niveau d’anticorps soit efficace dès le début de la circulation des vecteurs et donc du virus. «La bonne santé de votre animal est un atout majeur pour l’efficacité du vaccin.» conclut l’intervenante.

 

Aller plus loin :

> Prendre connaissance de l’Appel à projets 2026 du dispositif d’aide à la protection des troupeaux contre la prédation sur le site du ministère de l'Agriculture

 

De nombreuses personnes étaient présentes à la maison familiale rurale de Bulgnéville pour assister à l’AG du syndicat ovin des Vosges. © Photo Marion FALIBOIS 
De nombreuses personnes étaient présentes à la maison familiale rurale de Bulgnéville pour assister à l’AG du syndicat ovin des Vosges. © Photo Marion FALIBOIS