Vous êtes ici

Une juste rémunération des producteurs

Yohann Barbe, Président de la FNPL. © Photo DR
Yohann Barbe, Président de la FNPL. © Photo DR

La FNPL vent debout contre ceux qui veulent déroger à une juste rémunération des producteurs !

À l’approche de l’examen du projet de loi Urgence pour la Protection et la Souveraineté Agricoles (UPSA) au Parlement, la FNPL rappelle une ligne claire : la rémunération des éleveurs laitiers doit rester au cœur des débats parlementaires.

Les discussions sur les tunnels de prix et la prise en compte des coûts de production dans les contrats doivent rappeler une évidence économique : les coûts de production des éleveurs augmentent fortement, tandis que leur revenu reste insuffisamment sécurisé.

Alors que certains acteurs mettent en avant leurs faibles marges, la FNPL rappelle que, pour les producteurs laitiers, la question n’est même pas celle de la marge. Le premier enjeu est déjà de rémunérer le travail, sur la base d’un indicateur de prix de revient qui intègre l’ensemble des charges, y compris une rémunération de référence de deux SMIC pour plus de 60 heures de travail par semaine – un niveau pourtant plus que modeste au regard de l’engagement demandé. À l’inverse, dans les entreprises, la marge s’apprécie une fois la rémunération du travail assurée. Comparer ces deux situations est donc économiquement trompeur. Lorsque le prix du lait ne couvre pas le prix de revient, l’éleveur ne dégage pas de marge, même faible : il ne rémunère pas l’ensemble du temps passé sur la ferme. Lors de l’adoption des lois ÉGalim, un compromis politique et économique avait été posé. Le relèvement du seuil de revente à perte (SRP +10 %) devait sécuriser la valeur à l’aval, en contrepartie d’une contractualisation fondée sur les coûts de production à l’amont, afin de garantir la rémunération des agriculteurs. Pour la FNPL, cet équilibre n’est aujourd’hui pas respecté : la valeur sécurisée à l’aval ne se traduit toujours pas de manière effective dans le prix du lait payé aux producteurs.

Rémunérer enfin les producteurs à hauteur de leurs coûts de production « coûterait » aux transformateurs privés 500 millions d’euros ? N’est-ce pas, au contraire, un investissement dans l’avenir ? Et n’est-ce pas, au minimum, l’ordre de grandeur de la valeur du SRP +10 % qui se trouve aujourd’hui quelque part dans l’aval de la filière laitière ?

Dans un contexte de hausse des charges et de tensions économiques, les renégociations commerciales deviennent inévitables. La FNPL considère qu’il est donc pleinement légitime que les producteurs puissent, eux aussi, renégocier le prix du lait lorsque leurs coûts évoluent. C’est le sens même des dispositions portées dans le cadre de la loi d’urgence agricole, qui doivent encore être renforcées pour sécuriser pleinement les organisations de producteurs et leurs adhérents.

La FNPL alerte : sans outils réellement efficaces pour garantir la prise en compte des coûts de production, la loi d’urgence agricole manquera son objectif. La pression économique continuera alors de peser sur les fermes, fragilisant durablement la production, l’emploi agricole et la souveraineté alimentaire.

Pour Yohann Barbe, président de la FNPL : «ÉGalim ne peut pas sécuriser durablement l’aval via le SRP +10 % sans garantir, dans le même temps, une rémunération des éleveurs fondée sur leurs coûts de production.» 

 

Trop, c'est trop

Pendant que les industriels courent renégocier leurs prix de vente avec leurs clients, nos fermes paient la note à leur place. Gaz, GNR, engrais, alimentation animale : tout flambe. Le prix du lait ? Bien sûr, il ne suit pas.

La situation est insupportable. Nos éleveurs travaillent plus de 60 heures par semaine pour une rémunération peu attractive, trop faible au regard des responsabilités et des investissements portés. On ne parle pas de marge, il n’est question ici que de salaire. Et, encore, seulement quand le prix du lait couvre le prix de revient. Ce qui est loin d'être toujours le cas. 

Les lois ÉGalim avaient posé un pacte clair : la valeur sécurisée à l'aval via le SRP +10 % devait se répercuter sur le prix payé au producteur. Ce pacte n'est pas respecté. Ces 500 millions d'euros qui « coûteraient » aux transformateurs privés de nous payer à nos coûts de production ? Ils existent, ils sont payés par les consommateurs. Ils se trouvent dans l'aval de la filière, quelque part, loin des cours de ferme. 

Avec la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole en discussion au Parlement, c'est maintenant que tout se joue. Nous exigeons des outils réellement contraignants pour que la renégociation du prix du lait en cas de hausse des charges ne soit plus un vœu pieux mais un droit garanti. 

Les fermes laitières ne seront pas l'amortisseur des chocs énergétiques de toute la filière. Pas question. 

Édito de Yohann Barbe, Président de la FNPL