Le samedi 29 novembre, entre les murs du restaurant d’entreprise de l’Ermitage, c’est avec le sourire aux lèvres et dans une ambiance conviviale que les coopérateurs producteurs sont venus chercher leur distinction : les fameux sapins.
Figurants sur un panneau placé à l’entrée de leurs fermes, les sapins sont aux coopérateurs producteurs de l’Ermitage ce que les étoiles sont au guide Michelin : une reconnaissance et la concrétisation d’efforts fournis au quotidien pour maintenir la qualité de leur lait au plus haut niveau. Une distinction de plus en plus difficile à décrocher compte tenu des difficultés rencontrées : qualité des fourrages, montée des cellules due à la FCO et butyriques en tête. «Le nombre de lauréats a considérablement diminué depuis 2023, principalement en raison des difficultés sanitaires» constate Rémy Benoit, président du groupe l’Ermitage.
Récompenser la qualité
Pour cette 32e édition du challenge, ce sont 35 exploitations qui se sont vues décerné l’enseigne qualité 2025. Venus des les Vosges, de Haute-Marne, de Meurthe-et-Moselle, de Meuse et de Haute-Saône, les 35 lauréats ont été récompensés pour leurs performances de 2024. Au-delà de la qualité du lait, c’est aussi l’environnement dans lequel il est produit qui est passé au crible. D’ailleurs, comme cela a été évoqué lors de la dernière assemblée générale du groupe, à partir de 2025, l’ensemble des producteurs qui livrent à la fromagerie doit adhérer à la charte des bonnes pratiques d’élevage. Une décision qui a été prise par le conseil d’administration pour répondre aux attentes des consommateurs. Pour autant, cette charte ne vient souvent que confirmer l’application de pratiques déjà existantes mais, tout comme les sapins, elle incarne et garantit l’engagement fourni par les éleveurs. «Les productions animales font l’objet d’attentes sociétales fortes, notamment sur le bien-être animal» annonce Rémy Benoit. «Au-delà de la dimension règlementaire. Cette charte illustre aussi notre attachement, en tant qu’éleveur, au bien-être animal. Lorsque l’on s’investit dans le bien-être de nos animaux et que nous les accompagnons avec bienveillance, les animaux nous le rendent.» ajoute-t-il. Il rappelle également que la charte ne bénéficie pas seulement à la reconnaissance de l’éleveur mais aussi à l’ensemble de la coopérative.
Selon la directrice générale, Delphine Picard, «Ce challenge participe à développer la relation avec les producteurs. Ces panneaux sapins sont aussi des ambassadeurs de la marque Ermitage. Ce sont des vecteurs d’image et de visibilité». Mais ce sont aussi, avant tout «le reflet de votre travail et de votre implication» rappelle-t-elle avant d’ajouter : «Vous pouvez être fiers du travail que vous fournissez au quotidien. Bravo et merci.» «C’est toujours un grand plaisir que de pouvoir partager ces moments, d’échanger avec vous.» conclut Rémy Benoit.
Une année atypique
L’année 2025 aura été riche en challenges pour la Fromagerie de l’Ermitage : contexte géopolitique incertain, concurrence grandissante, consommation et pouvoir d’achat limités. Ce qui permet à la coopérative de maintenir le cap, selon sa directrice Delphine Picard, c’est sa «ligne de conduite et ses objectifs à moyen terme.»
En 2025, la collecte du groupe devrait être en légère baisse. Les volumes de vente de fin novembre 2025 sont quant à eux légèrement au-dessus de ceux de l’année dernière à la même période. Pour autant, «L’année avait très mal démarrée» explique la directrice. Car «la consommation s’est arrêtée dès la mi-janvier. Heureusement, la saison a pu commencer un peu plus tôt, dès septembre ce qui a permis de rattraper le retard et d’afficher de plutôt bonnes performances.» explique-t-elle. Mais, «comme d’habitude, le mois de décembre sera décisif.»
Du côté du prix, les négociations commerciales, encore en cours, se montrent compliquées. Un point de vigilance particulier est à noter sur le prix de l’emmental car la concurrence européenne s’intensifie sur ce produit. Les tendances de consommations restent en faveur des prix économiques : «les MDD et premiers prix. Cela ne facilite pas la valorisation» constate Delphine Picard. D’autant que, dans le même temps, les consommateurs ne cessent d’augmenter leurs exigences «sur leurs attentes, la qualité et le besoin de réassurance.»
Communiquer sur le métier
Toutefois, la directrice rappelle que «le fromage reste un produit avec une image positive.» Une tendance qu’il convient tout de même d’entretenir et, pour cette raison, le conseil d’administration de la coopérative a décidé d’intensifier ses actions de communication. «Le groupe Ermitage est reconnu pour la qualité de ses produits, pour son savoir-faire, son implantation locale, son côté terroir et famililal.» Mais force est de constater que, malgré ces nombreux atouts, le groupe «communique assez peu sur ce qu’il fait». Pour y remédier, l’Ermitage s’est concentré sur trois actions : la restructuration de la communication produits, «que vous pouvez notamment constater sur la tartiflette», mais aussi dans les médias et sur les réseaux-sociaux. Autre axe de communication : «nous avons décidé de participer à davantage de concours qualitatifs sur la fromage» explique la directrice. Une stratégie déjà payante puisque les produits sont désormais régulièrement récompensés. «Cela nous permet de mettre en avant les produits et leur qualité» souligne-t-elle. Enfin, le groupe a décidé de communiquer sur ses pratiques RSE. «Nous travaillons sur la structuration de nos actions à portées sociétales et environnementales. Le 17 novembre, nous avons par exemple rendue publique la signature de notre contrat avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse.» Une signature qui vient illustrer l’engagement de longue date du groupe sur la gestion de l’eau et l’amélioration de ses rejets. Des actions qui sauront répondre aux attentes des clients comme des consommateurs.
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Le Challenge Lait’xcellence 2025 en chiffres 32 ans d’existence 35 exploitations récompensées, dont :
Parmi ces 35 exploitations :
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