Le ministre de la Santé Yannick Neuder a dévoilé le 27 juin la cartographie des 151 zones qui vont bénéficier, dès le mois de septembre, du soutien de médecins généralistes.
Ce sont en tout 151 intercommunalités qui ont été identifiées par les services du ministère de la Santé, comme le gouvernement s’y était engagé le 25 avril dernier. C’est dans le Cantal qu’il avait lancé « son Plan de lutte contre les déserts médicaux » . Il entendait « aller vite » pour mettre fin à une situation jugée « inacceptable » et redonner de l’attractivité aux territoires ruraux. Ce découpage médical est le fruit d'un travail, a précisé Yannick Neuder. Toutes les régions, à l’exception notable de l’Île-de-France, de La Réunion et de la Martinique, sont concernées, à plus ou moins grande échelle. Les inégalités sont d’ailleurs importantes entre les territoires et le gouvernement s’est attaché à ce que d’aucuns appellent « la diagonale du vide », partant au Sud-Ouest pour aller vers le Nord-Est, des Landes et Tarn-et-Garonne à la Haute-Marne en passant par la Creuse et la Nièvre notamment. En 2023, la densité moyenne nationale était de 147 médecins généralistes pour 100 000 habitants dont plus de moitié (57 %) exerçaient en libéral*. Pami les départements les mieux dotés, on retrouve Hautes‑Alpes (291), Paris intra‑muros (234), Pyrénées‑Atlantiques (206). A contrario, les densités les plus faibles (moins de 100 praticiens pour 100 000 hab.) se situent en Eure-et-Loir, Cher, Eure, Seine-Saint-Denis, etc. Le ministre a reconnu lui-même au micro de BFMTV le 27 juin que cette première mesure « n’allait pas résoudre l’ensemble des problèmes » liés au manque de personnels soignants.
Pénurie de médecins
Le défi qui attend aujourd’hui le gouvernement est de trouver des volontaires pour se rendre sur place, dans les maisons de santé ou les cabinets médicaux. Inciter les médecins à consacrer deux jours par mois pour prodiguer des soins dans ce que experts appellent les « zones non denses » est une gageure. A ce stade, le gouvernement n’a pas encore déterminé les incitations financières prévues. Tout juste le ministre a-t-il concédé qu’une indemnisation s’ajoutera à la rémunération des actes et des consultations réalisés. En cas de refus, des sanctions financières sont également prévues. « Tout le monde est concerné : généralistes et spécialistes », précise-t-on de source gouvernementale.
Surtout les syndicats de médecins sont très réticents sur le dispositif mis en place. Déjà en avril dernier, après l’annonce du Plan, les médecins s’étaient mis en grève pendant deux jours (28-29 avril). Ils estiment que ce plan ne résout pas le problème de fond qui est la pénurie de médecins et que ce plan contrevient en partie à la liberté d’installation qui « doit rester la règle ». A contrario, le gouvernement estime que ce nouveau dispositif va permettre de préparer le terrain, « les lieux où vont pouvoir s'installer 3700 docteurs juniors, des médecins nouveaux » qui « n'arriveront qu'en novembre 2026 ». Cette première étape devrait profiter à environ 2,5 millions de personnes. En 2024, 87 % du territoire national a été classé en désert médical et 11 % des Français (6 millions) ont déclaré ne pas avoir de médecin traitant.
(*) source : https://evaluation.securite-sociale.fr/home/maladie/1-4-1-densite-departementale-des.html
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Ressources : > le communiqué de presse du ministère de la Santé (27 juin 2025) > Trouver un lieu de soin sur la cartographie interactive du ministère |




