Vous êtes ici

Ecole de Roville : Une apprentie en or

C’est grâce au soutien de ses proches, formateurs, camarade et collègue que Kiera a pu briller au plus haut niveau © Photo Cindy Khun.
C’est grâce au soutien de ses proches, formateurs, camarade et collègue que Kiera a pu briller au plus haut niveau © Photo Cindy Khun.

Kiera Mosser-Khun, 18 ans, vient de décrocher son CAP fleuriste à l’Ecole de Roville. Au cours de son année, elle a effectué son apprentissage à l’Atelier Capucine au Leclerc d’Issenheim, en Alsace. 

Le 27 juin, entre les murs du Parc des expositions de Strasbourg, elle décrochait la médaille d’or de meilleure apprentie de France.

«Si j’ai fait des concours, c’est surtout pour moi. Pour voir comment je réagissais en conditions de stress, éprouver et développer ma créativité, etc.» Au-delà de l’enrichissement professionnel, les concours ont aussi été l’occasion pour Kiera de grandir en tant que personne. «C’est une manière de se remettre en question et de se perfectionner confie-t-elle.

C’est en discutant avec des amis, qui avaient déjà concouru, que Kiera décide de franchir le pas. «Si on s’en sent capable, cela ne peut-être qu’une bonne expérience» alors, quand les formateurs de CAP ont proposé aux étudiants de sa classe de participer, Kiera s’est lancée.

Premiers pas

Avant de décrocher son titre de meilleure apprentie de France, Kiera Mosser a dû disputer les échéances départementales et régionales au mois de mars. A cette occasion, elle a décroché une première médaille d’or. «Nous avons reçu le sujet plus d’un mois à l’avance. Cette année c’était « Salvador Dali ». A la maison, nous avons dû réaliser un gros bouquet structure, une structure en lien avec le tableau Les montres molles de Dali et un nœud papillon ou une cravate que l’artiste aurait pu porter.» Une fois les structures prêtes, direction Epinal pour le départemental/ régional et l’épreuve du fleurissement. Pour chacune des trois épreuves, comptez entre 1h30 et 2h pendant lesquelles la créativité et les techniques des compétiteurs sont évaluées.

Un travail d’équipe

Pour préparer la finale nationale, Kiera a investi de nombreuses heures dans le perfectionnement de ses techniques avant même de découvrir le sujet le 28 mai. «J’ai profité des mois qu’il y avait entre le concours régional et le national pour travailler des techniques de niveau Brevet Professionnel. Twist, peigne, araignée… J’ai surtout travaillé mes structures de bouquets. Car, on le sait, l’échéance nationale, même si les épreuves se ressemblent d’une année à l’autre, c’est quand même un tout autre niveau.» Pour parfaire sa technique, l’apprentie a pu être accompagnée par sa professeure principale : Victoria Resende. «Après les heures de cours de pratique, nous restions dans la salle pour me perfectionner» explique Kiera. Louna Kaster, elle aussi élève à Roville et le collègue de Kiera : Tristan Schatz, habitués des concours, ont également partagé avec elle leurs expériences.

Malgré cet accompagnement précieux, la jeune apprenante dû relever le défi d’un emploi du temps bien chargé. Car, les entraînements au MAF venaient s’ajouter «au boulot, aux cours et à la préparation de mon CAP. C’était assez sportif, mais j’y suis arrivée.» confie Kiera. En s’imposant un minimum de deux entraînements hebdomadaires, la jeune fleuriste se concentrait chaque semaine sur une technique en particulier. 

Le soutien fût aussi d’ordre matériel, puisque la patronne de Kiera lui a fourni le nécessaire pour s’entraîner. «J’ai aussi eu la chance d’avoir deux semaines de congés juste avant le concours pour pouvoir me préparer» reconnaît l’apprentie qui a pu compter sur l’engagement de son employeur et ce jusqu’à la finale. Effectivement, «ma patronne a contacté son fournisseur pour me donner les fleurs que je voulais intégrer à ma réalisation.»

Direction le national

Le 28 mai, le sujet de la finale est tombé : «La thématique générale était : Art déco années 20. Pour notre sujet libre : une grosse œuvre que nous devions réaliser chez nous en avance, nous devions créer un paravent floral dans le style art déco année 20.» Une fois le sujet reçu, l’apprentie se met au travail. Dans un premier temps, c’est sa créativité qui est éprouvée : «j’ai réalisé six croquis avant de trouver l’idée qui me plaisait le plus, et comment la réaliser.» Une fois sa vision précisée, le besoin de matériel se fit sentir. Afin de trouver la base de la création, les parents de Kiera n’ont pas hésité à parcourir les dépôts ventes et brocantes du département à la recherche d’un paravent. «C’est finalement ma maman qui a trouvé un porte-photo d’occasion en ligne. Il faisait 1m70 avec 3 volets, comme un paravent et il était doré avec des formes géométriques, ce qui correspond au style art déco.» Inspirée par l’objet, l’apprentie décide d’en faire l’acquisition. «Mes parents sont allés le chercher. Le lendemain, il était à la maison» se rappelle-t-elle. Une fois le support trouvé, la jeune apprentie a adapté ses croquis avant de se consacrer aux techniques nécessaires pour l’embellir. «Mon grand-père a conçu pour moi des panneaux en bois,  qui m’ont permis de créer un contraste de couleur et de fleurir le paravent.» Derrière cette épreuve individuelle se cache finalement l’engagement de toute une famille, prête à soutenir Kiera. «Ils ont dû me supporter aussi.» dit-elle en riant. Car les compétitions, surtout lorsqu’elles sont aussi réputées que les MAF, mettent les nerfs à rude épreuve. 

Une fois venu le jour J… «Ohlala, c’était énormément de stress.» se rappelle Kiera, encore dans l’émotion.«Je peux avoir tendance à me comparer aux autres et à remettre en question mes choix» explique-t-elle. Mais malgré la concurrence et le niveau des 16 autres candidats, l’élève de Roville ne s’est pas laissée démonter. «Cette compétition m’a permis de prendre confiance en moi, de montrer ce dont je suis capable. J’ai suivi mon cœur, mon instinct et ma créativité. J’ai appliqué les techniques que je connaissais et ça a payé.»

Après avoir été briefés dès leur arrivée, les candidats se sont lancés dans la première épreuve : la composition«Nous avions un gros pot dans lequel nous devions piquer nos fleurs et intégrer une petite lanterne décorative au milieu.»

Seconde épreuve : le fleurissement du paravent. «Je me suis éclatée !» sourit l’apprentie. «La vision que j’avais gardée dans mon esprit prenait enfin vie.» explique-t-elle. Vient ensuite la réalisation du bijou de tête«Nous avons dû réaliser un bijou floral avant de nous atteler à la dernière grosse épreuve : la réalisation du gros bouquet Composé de près de 300 tiges, ce bouquet devait lui aussi répondre au thème art déco année 20. «Je suis partie sur un gros bouquet flou avec du retombant. Pour cela nous avons dû réaliser la structure avec du matériel imposé avant de concevoir le bouquet, le tout en 1h30.»

Victoire !

Avant même que les résultats ne soient annoncés, les premières émotions se manifestaient. «Après avoir intériorisé le stress toute au long de la journée, une fois les 7h d’épreuves terminées, la pression est retombée et j’ai fini en pleurs dans les bras de ma maman.» se rappelle la jeune apprentie. 

En fin de journée, sur l’estrade, les quatre jurys annonçaient les résultats. Et c’est la médaille d’or pour Kiera. «Je n’y croyais pas.» rapporte-t-elle. D’autant que, pour se voir attribuer cette distinction, il faut obtenir au minimum la note de 18/20. Et 2025, fût un cru particulièrement qualitatif puisque sur les 17 finalistes 11, dont Kiera, ont remporté la médaille d’or de Meilleur Apprenti de France. 

Et la suite ?

En septembre, Kiera poursuivra ses études à l’Ecole de Roville, en Brevet Professionnel (BP) cette fois-ci. «En BP, nous apprenons plus de techniques mais nous faisons surtout de la gestion. Cela nous permet de pouvoir gérer une boutique, des commandes, etc.» Ce nouveau diplôme elle le passera de nouveau au sein de l’établissement de Roville-aux-Chênes et toujours en apprentissage mais, cette fois, dans la boutique De feuilles en fleurs située à Thann. «Je cherchais des fleuristes plus spécialisés dans l’événementiel car j’aimerais améliorer ma technique sur les grosses pièces.» explique-t-elle. Riche de cette expérience, Kiera continuera aussi sur sa lancée avec une participation aux Olympiades des métiers : les Worldskills. Cap sur l’international donc.

Kiera Mosser-Khun, 18 ans, est diplômée d’un CAP fleuriste à l’Ecole de Roville © Photo Cindy Khun.
Pièce maîtresse, le paravent fleuri art déco des années 20 a su séduire le jury © Photo Cindy Khun.