Le vendredi 10 et le samedi 11 avril, six exploitations du département ont accueilli scolaires et grand public pour faire connaître le métier d’agriculteur, à l'occasion des rencontres à la ferme.
Comme chaque année, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Vosges ont organisé les rencontres à la ferme. Cet événement, adressé à la jeunesse et au grand public, a vocation à faire découvrir aux visiteurs l’envers du décor du métier d’agriculteur. Pour l’occasion, six fermes se sont prêtées au jeu : l’EARL des Pâquerettes à Houéville, l’EARL de Brunchotte à Velotte-et-Tatignécourt, la Ferme Anthony Rennar à Menil-de-Senones, le GAEC Bastien-Douchet à Grandvillers, l’EARL de Chabellegoutte à Plombières-les-Bains et le GAEC du Pichet à Norroy-sur-Vair.
Première découverte
Le vendredi, ce sont 1300 élèves, du CP à la troisième, qui ont ouvert le bal. À la descente des bus, ces paysans d’un jour étaient répartis en groupes et pris en charge par des bénévoles. Au cours de la journée, des centaines de petites bottes en plastique découvraient les bâtiments d’élevage, les animaux qui vivent dedans, ou encore les gigantesques machines, rangées à côté des bottes de foin sous le hangar. Pour l’occasion, les exploitants, soutenus par les bénévoles, avaient sorti le grand jeu. Dans les allées d’alimentation ou à l’entrée de la salle de traite, plusieurs ateliers étaient dressés. Traite d’une vache en bois, jeux, devinette, plantation… tous les moyens étaient bons pour faire découvrir ses productions.
Qui des tous petits ou des animaux étaient le plus surpris de découvrir l’autre ? Difficile à dire. Mais, une fois l’étonnement passé, de grands sourires se dessinaient sur leurs visages lorsqu’une vache, un peu plus curieuse que les autres, se décidait à passer la tête à travers le cornadis pour recevoir une avalanche de caresses. Entre les rires et les discussions, se détachaient aussi des questions. «Pourquoi les vaches portent des boucles d’oreille ?» «Comment est-ce qu’on fait les belottes de foin ?» Exploitants et Jeunes Agriculteurs ont su faire preuve de pédagogie pour satisfaire tant de curiosité.
Après la théorie, place à la pratique. Les enfants ont apprécié mettre les mains dans la terre et sauter dans la paille. Avant de reprendre la direction des bancs de l’école, ils ont aussi pu profiter d’un goûter à base de produits locaux offert par les partenaires de l’événement. Si toutes ces graines d’agriculteurs ont pu visiter les fermes du département, c’est aussi grâce au soutien d’Interbev Grand Est, l’interprofession bovine qui a financé le transport des enfants.
Echanges et convivialité
Le samedi, place au grand public. De retour avec leur famille, petits et grands enfants ont pu profiter des activités. Piscines et labyrinthe de paille, toboggan, chamboule-tout, lancer de bottes en caoutchouc, les fermes sont devenues des terrains de jeu.
C’était aussi l’occasion de déguster les repas locaux préparés par les Jeunes Agriculteurs des différents cantons. L’occasion rêvée pour les visiteurs de découvrir comment sont fait les produits qui finissent dans leurs assiettes. Burger vosgien, aligot géant, crêpe party, les visiteurs ont aussi pu faire durer le plaisir en emmenant avec eux des produits 100% vosgiens achetés auprès des producteurs et artisans locaux présents sur site.
Blaise Gourtay, préfet des Vosges, a salué l’opération. «Il est important que le citoyen consommateur sache ce qui se passe en amont des rayons du supermarché. Savoir comment sont produits la viande, le lait et comment sont élevés les animaux».
Les défis de l’agriculture
Le GAEC Bastien-Douchet accueillait l’inauguration de l’événement. Partenaires, élus locaux et représentants syndicaux s’y étaient rassemblés. Philippe Clément, président de la FDSEA 88 a profité de l’occasion pour alerter les élus sur le contexte actuel de l’agriculture départementale et nationale. «Nous sommes face à un contexte d’explosion des charges et de stagnation, voire de diminution des prix, ce qui crée un effet ciseaux. En production végétale, la situation est assez catastrophique. En production animale, malgré l’amélioration des cours que nous pouvions constater ces dernières années, nous restons vigilants.» Il attire ensuite l’attention de Blaise Gourtay, préfet des Vosges sur le sujet particulier du coût du GNR. «Nous demandons à l’État de mettre en place un plan d’urgence afin de retrouver une vision». D’autant que «nous avons la même pression sur le coût des engrais». Christian Tarantola, conseiller départemental, a également souligné la complexité de la situation de la filière : «Je salue l’engagement des jeunes agriculteurs. Lorsque je vois tous les défis qui se présentent à eux et que, malgré tout, ils continuent de faire confiance en l’avenir et à faire preuve de volonté, je leur tire mon chapeau.» appuie-t-il.
«Nous avons le devoir de communiquer sur ce qu’est le métier. À nos voisins, mais aussi à nos représentants de l’État afin que l’agriculture soit considérée comme une force de nos territoires. Car les paysages qui sont tout autour de nous ne sont pas le fruit du hasard» ajoute Philippe Clément. Le président de la FDSEA 88 a également profité de l’événement pour s’adresser aux maires, nouvellement élus ou renouvelés. «La ruralité est une partie essentielle de la France. N’oublions pas que l’agriculture est un pan important de notre économie locale. Sans elle, il n’y aurait pas d’enfants d’agriculteurs pour rejoindre les rangs des écoles locales, pas d’entreprises de transformation et donc, plus d’emplois pour leurs salariés. L’agriculture participe à un écosystème qu’il convient de préserver.» Jean Hingray, sénateur des Vosges, a salué l’engagement des nouveaux maires agriculteurs. «Il est important d’avoir des élus engagés qui peuvent nous partager la réalité du métier d’agriculteur. Car, ce métier est de plus en plus difficile. Les institutions doivent se faire le relais de vos préoccupations».
Renouvellement des générations
«Si nous voulons renouveler les générations en agriculture, nous aurons besoin de jeunes qui ne sont pas issus du milieu» constate le président de la FDSEA. Et c’est d’autant plus vrai dans le département des Vosges, terre d’élevage, où la moyenne d’âge des exploitants est plus élevée que la moyenne nationale.
Quentin Lourdez est vice-président de Jeunes Agriculteurs Vosges. Installé en GAEC et hors-cadre agricole, il souligne l’importance d’ouvrir les portes des fermes au grand public : «Les rencontres à la ferme sont un événement important. Elles permettent de créer du lien avec les jeunes générations, ce qui participe au renouvellement des générations». Un point sur lequel l’a rejoint Céline Lidaree, maire de Grandvillers. «Cette opération est importante pour faire découvrir le monde agricole aux enfants, mais aussi, aux adultes. Le métier d’agriculteur est plus qu’une profession, c’est un métier passion». Jérôme Mathieu, président de la Chambre d’agriculture des Vosges ajoute : «il est important de faire découvrir ce qu’est l’agriculture d’aujourd’hui, aux jeunes et aux moins jeunes. L’agriculture est un métier passion oui, mais il faut que nous puissions en vivre, que nous puissions transmettre et exercer de façon sereine» insiste-t-il.
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Partenaires de l’événement
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Remplacer pour plus d’attractivité
À l’occasion des rencontres à la ferme, la FDSEA des Vosges et Agrihomme ont signé une convention de partenariat visant à faciliter l’accès au service de remplacement et de soutenir la promotion des emplois agricoles dans le département. |




