Le Salon des maires et des collectivités locales qui s’est tenu en marge du 107e congrès des maires de France vient de s’achever. Les professionnels du monde agricole y ont été très présents. Municipales de mars 2026 obligent…
Le lien qui attache les mairies et les collectivités locales avec le monde agricole ne se dément pas. Sur les 36000 communes que la France compte, ce sont plus de 4000 agriculteurs qui ont été élus maires de leur commune en 2020. Ils sont encore plus nombreux à siéger dans les conseils municipaux, prenant des responsabilités de maire-adjoint et s’investissant dans la voirie, la culture, l’action sociale… C’est encore aujourd’hui, la profession la plus représentée chez les édiles locaux.
Certes le déclin démographique du milieu agricole distend les liens entre ceux qui nourrissent la nation et ce qui en vivent. Toutefois cette proximité et cet attachement demeurent et expliquent aussi la présence de nombreuses organisations et entreprises agricoles, plutôt tournées vers le secteur institutionnel et les solutions techniques dans les allées du Parc des Expositions de Paris-Versailles : FNSEA, Coopération Agricoles, chambres d’agriculture, Agridées, Agrosolutions.
« Osez-vous engager »
L’occasion de faire passer quelques messages était inévitable à quatre mois des prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026. C’est ce qu’a fait la FNSEA, en présentant son manifeste intitulé : « Agriculteurs et collectivités, partenaires pour des territoires nourriciers, vivants et dynamiques ».
Appelant à une « alliance renouvelée entre les élus locaux et le monde agricole », le syndicat majoritaire estime que ces deux mondes partagent des « valeurs communes : sens du collectif et du bien commun, proximité et connaissance du terrain, engagement durable et durabilité d’un patrimoine économique, culturel et naturel. » La FNSEA demande l’activation d’un pacte local qui replace l’agriculture au cœur des projets de territoire, autour de quatre priorités (lire encadré). Dans une tribune publiée chez nos confrères d’Ouest-France, Arnaud Rousseau a poussé tous les agriculteurs à s’engager : « osez-vous engager, osez vous présenter sur les listes aux prochaines élections municipales. Pas pour faire de la politique partisane, mais pour continuer à faire société. Pour être présents là où se décident les projets de vie de nos villages : l’eau, l’énergie, l’alimentation, la mobilité, l’aménagement », a-t-il harangué ?
Nombreux dossiers en jeu
La démarche est identique du côté des jeunes agriculteurs. Leur président, Pierrick Horel et David Lisnard, président de l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF), ont appelé la nouvelle génération à prendre le relais et à poursuivre l’engagement historique de leurs aînés dans les conseils municipaux. Comme l’a souligné Pierrick Horel, « la présence des agriculteurs dans les conseils municipaux est essentielle pour la qualité du débat public ». Car de nombreux dossiers sont en jeu : préservation du foncier agricole dans les plans locaux d’urbanisme, préservation de la ressource en eaux en quantité et en qualité à travers la protection des nappes phréatiques et des captages d’eau…
D’autres initiatives ont vu le jour comme celle de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin AOC (CNAOC) qui a présenté un « Pacte pour les territoires viticoles » ou encore l’interprofession horticole Valhor qui a présenté son manifeste « Territoires Durables ». Pour le président de l’AMF, David Lisnard, les maires et les agriculteurs partagent « plusieurs défis communs en matière d’environnement, de gestion de la ressource en eau, de qualité et de mise en valeur de nos terroirs, notamment au sein de la restauration collective dont les communes ont la gestion ».
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Les quatre priorités de la FNSEA 1) Le développement durable de l’activité agricole et une alimentation locale et durable qui passe par la préservation des moyens de production et des débouchés économiques tout en protégeant le foncier agricole des pressions extérieures ; 2) La transition énergétique et environnementale en encourageant la production d’énergies renouvelables issues du monde agricole. Les politiques locales doivent valoriser les aménités positives de l’agriculture à l’environnement et au cadre de vie ; 3) La vie locale et les services en milieu rural : « Maintenons des services publics et de proximité dans les campagnes afin de préserver la vitalité de la vie rurale » indique le Pacte ; 4) Une gouvernance locale partagée qui s’appuie sur un dialogue réel, sincère et constructif. |



