L’Assemblée générale (AG) de JA Vosges s'est déroulée le vendredi 20 février à la salle Paul Perrin de Nomexy. L’occasion de réunir les acteurs du monde agricole vosgien autour des grands enjeux actuels.
Rythmée par les traditionnelles «interventions des cantons», par un moment d’échange avec l’économiste Thierry Pouch et par la présentation du point de conjoncture et du rapport moral, cette AG, chargée d’émotion, marque la fin de la co-présidence de Germain Blaise et Nicolas Lallemand.
Contexte international
Suite aux interventions des différents cantons, qui ont dénoncé, de façon humoristique, les problématiques, à savoir le manque de vétérinaires, les dégâts de gibier et de cervidés, l’installation, Natura 2000 et les inondations, les co-présidents des JA et le secrétaire général, Gauthier Maillard, ont présenté les rapports d’activités.
«2025 a été une année de tensions économiques, de crises sanitaires et d’incertitudes politiques. Mais aussi une année d’engagement, de mobilisations et de victoire syndicale», introduit Gauthier Maillard.
Au niveau de la PAC, le budget annoncé pour 2028-2034 est de 300 milliards d’euros, soit une baisse de plus de 80 milliards par rapport à la précédente programmation. «L’accès à l’alimentation par le soutien à la production est le premier pas vers la souveraineté alimentaire. De plus, les soutiens à la montagne doivent être préservés.» explique Nicolas Lallemand.
Concernant le libre-échange et le Mercosur, les discussions se sont accélérées. Plusieurs mobilisations au cours de l’année ont eu lieu, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. «Au-delà de protéger l’agriculteur français des prix en concurrence avec des produits importés, qui ne respectent pas nos standards de production, c’est également les consommateurs que nous voulons protéger. N’importons pas de la nourriture que nous nous refusons de produire ici» annonce Germain Blaise.
Les filières
Au niveau des filières bovines, la viande connaît une bonne année avec des prix records. Hausse cependant fragilisée par un contexte sanitaire lourd avec la FCO, la MHE et la DNC. «Exportations bloquées, stress permanent dans les élevages. C’est économiquement viable, mais sanitairement fragile.», dénonce Gauthier Maillard. «Aujourd’hui la maladie a disparu et les éleveurs, touchés par l’abattage, sont repartis de l’avant avec des repeuplements. Depuis début janvier, il n’y a pas de nouveau foyer détecté.» continue Germain Blaise.
Du côté du lait, 2025 est l’une des années les mieux rémunérées mais connaît une surproduction en fin d’année liée aux décalages de vêlage. Cela amène à une saturation des marchés et diminue les prix, «nous resterons mobilisés pour avoir des avancées. Notre enjeu : retrouver stabilité et visibilité» déclare le secrétaire général. «N’acceptons pas le choix de facilité des industriels d’aller chercher du lait étranger, où les coûts de production sont différents. Nous devons défendre notre production française, n’importons pas ce que nous sommes capable de produire ici.», complète Germain Blaise.
Parallèlement, après 4 années de difficultés, les prix tendent vers l’augmentation pour la filière laitière bio. Cela s’explique par une baisse de production causée par la déconversion. «Nous ne pouvons toutefois pas nous satisfaire d’un différentiel de prix qui augmente à cause de la baisse du prix conventionnel», déclare Nicolas Lallemand.
Concernant la filière ovine, le prix de l’agneau reste élevé mais inférieur à l’année précédente. Cependant la présence du loup sur l’Ouest du département reste le sujet majeur. «Attaque répétée, perte massive en une nuit, c’est plus de 940 animaux prédatés et sept louveteaux recensés.», annonce Gauthier Maillard. Pour les éleveurs, les mesures restent insuffisantes pour contrer cet animal.
Les grandes cultures, malgré de bonnes récoltes, connaissent une crise, avec une hausse des charges, un cours des céréales bas et un semis d’automne compliqué. «Un fond d’urgence de 35 millions d’euros a été annoncé. Mais la vraie question est celle de la viabilité économique à long terme.» continue-t-il
Les dégâts de gibier connaissent une évolution préoccupante : la hausse significative des prélèvements en 2025 laisse présager un début d’année 2026 compliqué. «Nous réaffirmons que le nourrissage n’est pas une solution et qu’il ne faut pas faire confiance uniquement aux chasseurs pour gérer toute une population», s’exprime Nicolas Lallemand. De plus, les cervidés suivent la même tendance que les sangliers.
L’installation
La loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire, promulguée le 24 mars 2025, concrétise des années de travail du réseau JA. Elle prévoit un meilleur accompagnement pour la transmission des exploitations, la création de France Services Agriculture et un renforcement de la formation. Cependant, des incertitudes restent présentes, car France Services Agriculture doit ouvrir en 2027 sans décret d’application. «Nous voulons une vraie simplification, pas une usine à gaz» déclare le secrétaire général.
Défendre les jeunes agriculteurs, préparer l’avenir et assurer le renouvellement des générations, reste le rôle majeur de JA. En effet, l’année 2025, ce sont 38 dossiers examinés en comité de sélection, 1.63 millions d’euros d’aide à l’installation, 42% de femmes accueillies au PAI, 49 porteurs de projets accueillis et 67 autodiagnostics réalisés. Cependant, seul un départ sur trois à la retraite est remplacé.
JA 88, ce sont aussi 14 cantons mobilisés toute l’année pour animer le territoire. « Nous participons au forum des métiers, aux fermes ouvertes, au Salon international de l’agriculture, à la foire de Poussay, aux marchés de Noël… C’est également 7.000 visiteurs à La Campagne S’AMuse.» De plus, cette année les cantons de Neufchâteau et Bulgnéville ont annoncé organiser le concours de labour à Coussey en 2026.
«Sans JA, il n’y a ni territoire vivant, ni souveraineté alimentaire, ni avenir agricole, restons mobilisés, solidaires et continuons à défendre fièrement notre métier» ont-ils conclu.
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Nouveau bureau JA 88 2026-2028 Les nouveaux élus sont :
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Départ des co-présidents Après avoir remercié l’intégralité des adhérents, des collaborateurs, des partenaires et de leur famille, les co-présidents ont retracé leur aventure au sein de JA. Germain Blaise a intégré la maison en 2010 à 18 ans. Très vite attiré par des sujets syndicaux, il est élu président du canton de Xertigny en 2014 et intègre le conseil d’administration en 2016 où il devient vice-président chargé du dossier lait pendant 6 ans. Nicolas Lallemand, de son côté, prend l’initiative de relancer le canton de JA de Saint-Dié et intègre la maison JA en 2016 en devenant le président cantonal. En 2018, il intègre le conseil d’administration puis devient membre du bureau et secrétaire général en 2020. En 2022, ils décident ensemble de créer une co-présidence où ils resteront élus pendant 4 ans. «JA était une super aventure, on y fait de super rencontres et on se bat collectivement pour des causes qui nous animent. Merci pour votre soutien, votre engagement, c’est grâce à vous que nous sommes là !» ont-ils conclu. |



