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La FNSEA et JA restent offensifs et déterminés

Conférence de presse FNSEA-JA au Sommet de l'élevage. © Photo DR
Conférence de presse FNSEA-JA au Sommet de l'élevage. © Photo DR

Budget national, DNC, Mercosur : dans un Sommet de l’élevage sans bovins et sans ministres, la FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA) ont souhaité réaffirmer leur détermination alors que la situation politique nationale est plus que jamais incertaine.

« Le contexte de ce Sommet de l’élevage est doublement particulier », souligne Arnaud Rousseau président de la FNSEA. Alors que le Sommet est « le lieu par excellence de la présence des bovins et des éleveurs », il se déroule cette année sans eux en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Le président de la FNSEA tient à saluer « l’esprit de responsabilité qui a prévalu chez les organisateurs pour prendre cette décision difficile ». Mais nécessaire pour que la DNC « ne trouve pas ici de relais ». Puis ajoute-t-il « nous n’avons pas de Gouvernement, et pas de ministre ». Depuis sa prise de fonction il y a deux ans et demi, Arnaud Rousseau a connu cinq Premiers ministres, et probablement bientôt un sixième. « L’absence de Gouvernement et la nébuleuse politique questionnent les agriculteurs ». Et de donner une liste, non exhaustive, de dossiers en attente. Adoptée et ratifiée pendant l’été, la loi sur les contraintes en agriculture, portée par le sénateur (LR, Haute-Loire) Laurent Duplomb attend la signature et la publication de nombreux décrets d’application. C’est le cas par exemple de l’article 4 sur l’assurance herbe. Concernant l’accord UE-Mercosur, Emmanuel Macron « n’a pas clairement affiché sa décision », regrette Arnaud Rousseau. « On attend que le président de la République annonce sans ambigüité son opposition ferme », insiste Quentin Le Guillous secrétaire général de JA. 

« Nous irons jusqu’au bout »

Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine (FNB) dénonce une position de la France « molle ». « C’est un accord toxique », insiste-t-il en citant les filières impactées : bovins, volailles, maïs, betteraves, porcs,… « Les 11 millions d’hectares » de prairies de l’Hexagone doivent être « protégés ». Comparé aux élevages du Brésil ou d’Argentine, avec les feedlots, les activateurs de croissance, les hormones de croissance, l’élevage européen, et particulièrement français ne peut pas lutter. « Nous sommes sur deux planètes différentes ». « On demande à la France de s’opposer à la ratification » en saisissant, si nécessaire, « la Cour de Justice de l’Union européenne ». Arnaud Rousseau pense également qu’il y a une possibilité de rejet de l’accord par le Parlement européen. « On nous dit depuis des semaines que le vote des eurodéputés ne sera qu’une formalité, c’est beaucoup plus nuancé que cela » précise-t-il. Et de marteler : « nous irons jusqu’au bout ».

Le président de la FNSEA a par ailleurs évoqué le budget national pour 2026. Il en a parlé avec Philippe Juvin, tous deux rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et avec Dominique Estrosi-Sassone, président de la commission des affaires économiques du Sénat. Conclusion : rien n’est figé en ce qui concerne le budget 2026 et la FNSEA et JA sont invités à faire des propositions.

Les représentants des deux syndicats ont également évoqué la DNC. David Chauve, président de la FRSEA Auvergne Rhône‑Alpes, a dénoncé ce qui « hurlent » que le protocole sanitaire retenu n’est pas fiable. « Ce n’est pas responsable ». « Ce sont nos réseaux qui se sont mobilisés cet été » rappelle Jocelyn Dubost, président de JA Auvergne-Rhône-Alpes en évoquant le prêt de parcs de contention pour la vaccination ou la montée des JA vers les estives pour aider à cette vaccination. Et pourtant, « nous avons été attaqués par des gens qui sont déconnectés de la réalité ». Sans les mesures retenues, « cette maladie aurait pu mettre en péril des filières entières ».