Cette disposition va donner plus de souplesse aux installations sous régime sociétaire. En mettant en place la possibilité de se désengager en cas de mésentente entre les partenaires, ce nouveau droit pourrait faciliter les transmissions et consolider les exploitations agricoles.
La convention pour le droit à l’essai a été signée à l’issue du dernier salon de l’Agriculture par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture. Cette disposition, nouvellement incluse dans la loi de modernisation agricole, était une demande de l’association GAEC et Société, dont l’objectif est de défendre l’agriculture de groupe et sociétaire. Cette forme d’agriculture se développe (deux tiers des installations se font sous forme sociétaire) compte tenu des avantages qu’elle apporte en matière d’organisation du travail. Cependant, de nombreux échecs apparaissent après quelques mois en raison de difficultés économiques ou de relations humaines.
Pour GAEC et Société une période d’une année de formation et d’observation est indispensable pour éviter les conflits et les risques de dissolutions des GAEC. « Avant de s’installer définitivement il faut s’essayer pendant six mois à un an, comme des fiançailles avant un mariage », avance Grégory Nivelle, président de GAEC et Société, « surtout avant de prendre des engagements lourds comme des investissements mais cela tient aussi pour l’organisation du travail. Tant qu’on n’a pas vécu les quatre saisons on ne sait pas si l’essai va se transformer » insiste-t-il.
Avoir du temps
C’est pourquoi, un accompagnement des relations humaines pendant une année est préconisé. Cette formation pourrait être encadrée par une personne de la chambre d’agriculture qui organiserait des entretiens individuels et des rencontres collectives pour déceler les points de friction. Le but est de réduire le nombre de sorties d’associés à la suite de mésentente.
Quelques départements se sont lancés dans ces expérimentations. Dans le Doubs Mathieu Regazzonni et Amandine Belal vont s’installer en production de lait à Comté AOP. Chacun va s’installer avec son conjoint et ils vont donc constituer un GAEC à quatre. Ils sont installés depuis décembre et vont rester à l’essai jusqu’en début 2027, soit plus d’une année. Suffisamment de temps pour vérifier s’ils s’accordent sur l’orientation de la ferme et l’organisation du travail et en bénéficiant d’un accompagnement relationnel. En cas de non-association, les entrepreneurs reprendront alors le statut qu’ils avaient au départ. L’objectif est de tester l’entente relationnelle et non la production agricole.
L’installation et le renouvellement des générations sont devenus des enjeux considérables pour l’agriculture française. D’où l’importance de soutenir ces installations sous forme sociétaires et donc de privilégier ce droit à l’essai.



