Le réseau des Chambres d’agriculture France (CdAF) a dévoilé le 19 mars son nouveau plan stratégique à l’horizon 2030. Cette feuille de route qui entend « retrouver la noblesse du développement agricole », veut aussi répondre à l’urgence climatique et économique tout en replaçant le conseil global et le revenu des agriculteurs au cœur de son action.
Le président des Chambres, Sébastien Windsor n’a pas caché que les crises successives nécessitent aujourd’hui de redonner des perspectives et une vision pour l’agriculture française. « C’est absolument vital », a-t-il martelé. Le constat qu’il a dressé est simple et clair : la moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici cinq ans et l’attractivité du métier dépendra avant tout de la capacité des fermes à générer un revenu décent. C’est tout l’enjeu d'Ambition 2030 : réorienter les missions du réseau pour passer d’un accompagnement souvent axé sur le réglementaire à un conseil global de l’exploitation.
Sécuriser le parcours de l’agriculteur
Le premier axe stratégique dévoilé par CdAF vise à sécuriser les projets des agriculteurs tout au long de leur carrière. Ce soutien commence dès l’installation via le déploiement de France Services Agriculture, qui est entré en phase opérationnelle depuis le 2 janvier, et doit se poursuivre jusqu’à la transmission, avec un accompagnement anticipé au moins cinq ans avant le départ à la retraite. Pour réussir cette mutation, le réseau mise sur la montée en compétences de ses équipes. L'objectif est de former 1 600 conseillers référents d’ici 2030. Ces experts auront pour mission d’offrir une approche technico-économique transversale, capable d’intégrer les transitions climatiques tout en assurant la résilience quotidienne des entreprises agricoles.
Le deuxième axe majeur concerne la création de valeur au cœur des territoires. Plutôt que de déployer des stratégies consistant à faire émerger de nouvelles filières, les Chambres d'agriculture souhaitent se concentrer sur la consolidation des filières existantes. « Le plus efficace, c’est de s’appuyer sur ce qui est déjà là pour accompagner les acteurs économiques », a souligné Sébastien Windsor. Les Chambres entendent se positionner comme un « tiers de confiance », capables de mettre autour de la table agriculteurs, collectivités et transformateurs (abattoirs, laiteries) pour décliner localement les objectifs nationaux de souveraineté alimentaire. Cette approche territoriale inclut également la diversification des revenus (agrivoltaïsme, méthanisation, circuits courts avec Bienvenue à la ferme) et une gestion proactive des ressources naturelles, notamment l’eau et le foncier.
Un réseau efficient, entre IA et recherche appliquée
Enfin, le plan stratégique « Ambition 2030 » vise à faire des Chambres un réseau plus efficient et reconnu. Cela passe par un renforcement des liens avec la recherche (Inrae) et les instituts techniques pour accélérer le transfert d’innovations sur le terrain. Les responsables de CdAF soutiennent que l’intégration des nouvelles technologies est un levier central : le réseau prévoit de déployer des solutions basées sur l’intelligence artificielle et des outils d’aide à la décision (OAD) pour rendre le conseil plus réactif et performant. Déjà, des outils comme MesParcelles ou MesSatimages témoignent de cette volonté de connecter les exploitations pour gagner en compétitivité.
En se recentrant sur sa mission historique de développement, le réseau des Chambres d’agriculture veut offrir aux 400 000 agriculteurs français un cadre de confiance pour affronter les inévitables et indispensables mutations à venir: « L’ambition est d’améliorer simultanément le revenu, la qualité de vie et l’environnement par une vision globale de l’acte de produire », a rappelé le secrétaire général Olivier Lebert.
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Ressource : L’intégralité du document est disponible sur le site des Chambres d’agriculture : https://chambres-agriculture.fr |



