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Apiculture : La situation est très compliquée

Yves Séguy a échangé avec Florent Pinot et Angèle Couval. Photo : Matthieu PALMIERI
Yves Séguy a échangé avec Florent Pinot et Angèle Couval. Photo : Matthieu PALMIERI

Conscient des difficultés rencontrées par la filière apicole, Yves Séguy, Préfet des Vosges, a souhaité faire le point sur le terrain avec les représentants des organisations professionnelles. La rencontre avait lieu au Gaec Le Rucher sur la Colline, chez Florent Pinot et Angèle Couval, un jeune couple qui s’est récemment installé.

L’exploitation apicole possède 600 ruches, toute la production de miel est transformée sur place pour être vendue en direct dans le magasin ou sur les marchés. Le couple fait face, comme leurs collègues apiculteurs, aux conséquences des aléas climatiques de cette année qui touchent fortement la production de miel.  « C’est une année très compliquée mais la transformation devrait nous sauver » glisse Florent Pinot.

C’est dans un bâtiment flambant neuf, abritant une miellerie adossée au magasin de vente, inauguré l’an dernier, que les deux apiculteurs se sont entretenus avec le Préfet des Vosges, pour une rencontre à laquelle participait les organismes professionnels agricoles. Etaient présents : Jérôme Mathieu, président de la Chambre d’Agriculture des Vosges, Didier Romary, président de la section apicole de la FRSEA Grand Est, Régis Colin, président de CER France Vosges, et les organismes de l’Etat. 

Une situation exceptionnelle 

La profession apicole a fait face, cette année, aux conséquences climatiques avec des gelées tardives au printemps suivies de pluies abondantes quasiment tout l’été. Hélas, les miellées d'été, toutes variétés confondues, incluant celle de sapin, n'ont pas été de meilleur augure que celles de printemps, voire même pire. Les conditions climatiques désastreuses (pluie et fraîcheur) de la période estivale n'ont pas permis aux abeilles de sortir butiner et produire le miel attendu. Globalement, la perte de production moyenne peut s'établir entre 70 et 90%. Tout le département est impacté. « Une année très compliquée, il est bien difficile pour bon nombre d'entre nous de payer nos charges. Et c'est d’autant plus difficile pour des jeunes récemment installés, il faut bien en avoir conscience. Une situation exceptionnelle qui touche toute la France et même l’Europe ». Face à ce constat, une demande de procédure de « calamités agricoles » a été déclenchée par la FDSEA-JA pour l'apiculture vosgienne. « Au vu des pertes, il nous fallait monter un dossier, d'autant plus que cette situation est très accentuée cette année » appuie le représentant apicole. Qui a profité de cette rencontre pour rappeler l'importance de la culture de colza, « qui disparait de plus en plus dans notre région ». « C'est une culture qui nous permet de lancer la production mais qui est vouée à disparaitre de plus en plus si l'on ne donne pas la possibilité aux agriculteurs de recourir à des produits de lutte contre les maladies et les ravageurs qui soient adaptés et suivis, et qui respectent les abeilles ».

 

Les organismes professionnels agricoles participaient à cette rencontre.
Les organismes professionnels agricoles participaient à cette rencontre.
Miel de sapin : telle que la production aurait dû être (gros bocal), et telle qu'elle est aujourd'hui.
Miel de sapin : telle que la production aurait dû être (gros bocal), et telle qu'elle est aujourd'hui.

Sympa, l’idée du petit pot dans le grand, pour donner une idée de la chute de production !