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Ecobio Viande, des disparités marquées entre les fermes

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La rencontre du 16 décembre a donné lieu à des échanges entre les membres du groupe Ecobio Viande. Photo : A.Legendre
La rencontre du 16 décembre a donné lieu à des échanges entre les membres du groupe Ecobio Viande. Photo : A.Legendre

Mi-décembre, les éleveurs du groupe Ecobio viande se sont retrouvés sur les terres de Florian Fombaron, près de Vittel dans les Vosges, pour aborder les résultats technico-économiques de 2020, avec les conseillers des Chambres d’agriculture qui les suivent.

Onze fermes faisaient partie du groupe Ecobio viande en 2020 : cinq en Moselle, trois en Meuse, une en Meurthe-et-Moselle et deux dans les Vosges. L’objectif du groupe : échanger sur ses résultats économiques entre éleveurs de bovins viande bio.

Neuf des onze fermes sont en système naisseur-engraisseur, une homogénéité qui cache de grandes disparités, en termes de taille d’exploitation notamment. En effet, les surfaces vont de 49 à 389 ha, le nombre de vaches allaitantes de 21 à 112 et la main d’œuvre varie entre 1 et 4,08 UTH. Certaines fermes ont un atelier cultures important à côté de l’atelier bovins viande, d’autres non. Certains pratiquent également de la vente directe d’autres non. Plusieurs races sont représentées, même si limousines et blondes d’Aquitaine, présentes dans respectivement sept et trois fermes, représentent le gros des effectifs.

Le 16 décembre dernier, les éleveurs du groupe étaient conviés sur les terres de Florian Fombaron, près de Vittel, pour faire le point sur les résultats technico-économiques de 2020. Céline Zanetti, conseillère viande bovine et fourrages à la Chambre d’agriculture de Moselle, a introduit la journée en rappelant les différences de contexte agro-climatique entre les campagnes 2020 et 2021. 

Du déficit fourrager en 2020, aux regains en 2021

La campagne fourragère de 2021 a entrainé des échanges entre les participants. En effet, un éleveur pratiquant le pâturage tournant dynamique estimait qu’au final « il n’y a pas eu tant d’excédents. Les vaches mangeaient comme cela poussait. En revanche, il faut dire que les vaches sont bien plus belles que l’année passée ». « Et puis nous avons pu faire des regains, ce que nous n’avions pas fait depuis des années », ajoutait un autre éleveur. Pour sûr, il ne fallait pas « louper le coche de juin » pour faire les foins, mais, dans certaines régions de Moselle, « nous n’avions pas beaucoup d’herbe début juin », déplorait un éleveur. Les foins, présents en quantité, ne sont donc pas toujours de très bonne qualité, faute d’avoir pu les récolter au bon stade. Toutefois, les stocks présents en quantité apportent du souffle après une année très compliquée, marquée par les déficits fourragers.

EBE, de fortes disparités

C’est une fois ce contexte posé que les conseillers ont abordé les résultats économiques de 2020. Le ratio EBE sur Produit Brut (PB) hors salaires a diminué pour sept fermes sur onze par rapport à 2019, pour certaines de manière abrupte. « La fin de la prime à la conversion explique ces baisses pour certaines fermes », indique Céline Zanetti. Seulement quatre fermes sur onze atteignent l’objectif d’un EBE représentant au minimum 40 % du produit brut et de grandes disparités sont observées entre les fermes, la ratio variant de 10 à plus de 50 %. Les discussions ont tourné autour des stratégies de valorisation et de finition des animaux, avec des prix très disparates entre les différentes exploitations.